Sonatrach perd un arbitrage international face à une société britannique

Le groupe pétrolier algérien Sonatrach a été condamné dans un arbitrage international l'opposant à la compagnie britannique Sunny Hill Energy Limited. La décision concerne la résiliation d’un contrat de partage de production datant de 2021. Les détails financiers et juridiques de cette sentence mettent en lumière un différend ancien entre les deux entreprises.

Le litige porte sur le gisement gazier de Aïn Tsila, situé dans le bassin d’Illizi, au sud-est de l’Algérie. Le contrat de partage de production avait été signé en 2004 entre Sonatrach et la société britannique Sunny Hill Energy Limited, via sa filiale Petroceltic Aïn Tsila détenue à 100 %. Le projet visait l’exploration et l’exploitation de gaz, de GPL et de condensats destinés au marché local et à l’exportation.

En avril 2021, Sonatrach a résilié le contrat, invoquant le respect des clauses contractuelles et le non-respect répété des obligations par Petroceltic. À cette date, la participation de Petroceltic avait diminué de 75 % initialement à 38,25 % à la suite de deux cessions formalisées par des avenants. Sunny Hill Energy a contesté la résiliation et engagé un arbitrage international pour obtenir réparation.

Économie L’Algérie lance un nouvel appel d’offres pour acheter du blé

La sentence arbitrale et ses implications financières

Sunny Hill Energy Limited a annoncé avoir reçu la sentence arbitrale le 9 décembre 2025. Selon le communiqué de l’entreprise, la décision ordonne à Sonatrach de verser des paiements à sa filiale Petroceltic Aïn Tsila Limited. L’entreprise prévoit d’utiliser ces fonds pour rembourser intégralement les obligations juniors en circulation, arrivant à échéance le 29 mars 2028, et portant sur un montant pouvant atteindre 290 millions de dollars.

La société britannique réclamait initialement un milliard de dollars de dédommagement. La sentence marque donc une victoire partielle pour Sunny Hill Energy, tout en restant en dessous du montant initialement demandé. L’entreprise a précisé que le recouvrement des sommes dépendra de l’exécution de la décision par Sonatrach.

Réactions des parties impliquées

Angelo Moskov, président de Sunny Hill Energy, a qualifié la décision de Sonatrach de « tentative d’expropriation sans compensation » et a comparé cette action aux pratiques observées au Venezuela. Il a ajouté que les conseillers juridiques de l’entreprise considéraient la résiliation comme « sans fondement légal ».

De son côté, Sonatrach avait expliqué en 2021 que la résiliation avait été effectuée dans le respect du contrat, et que Petroceltic n’avait pas rempli ses obligations. Le groupe algérien avait également indiqué que le plan de développement du périmètre, initialement prévu pour une mise en service en 2017, continuerait malgré la fin du contrat.

Économie Euro-dinar : nouvelle hausse sur le marché parallèle

Historique et enjeux du projet

Le projet Aïn Tsila représentait un investissement de centaines de millions de dollars pour Sunny Hill Energy. Depuis 2004, les deux parties ont travaillé sur le développement d’un gisement destiné à produire du gaz et des condensats pour l’Algérie et l’exportation. La résiliation en 2021 a conduit à un différend juridique international suivi de près par l’industrie pétrolière et gazière.

La victoire de Sunny Hill Energy dans cet arbitrage met en lumière les risques contractuels dans les projets énergétiques internationaux et les implications financières pour les compagnies nationales et étrangères. Le projet Aïn Tsila reste stratégique pour l’exploitation des ressources gazières dans le bassin d’Illizi, et les parties pourraient continuer à négocier l’exécution de la sentence et le développement du gisement.


Vous aimez cet article ? Partagez !