Transmed, Medgaz, SoutH2, TSGP : l'Algérie au centre du jeu énergétique européen

Avec un vaste réseau de gazoducs reliant l’Afrique du Nord au continent européen, l’Algérie occupe une place stratégique dans l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Fort de milliers de kilomètres d’infrastructures gazières et de nouveaux projets d’envergure, le pays consolide sa position de carrefour énergétique entre l’Afrique et le Vieux Continent.

Avec plus de 13'600 kilomètres de gazoducs en exploitation, l’Algérie dispose du réseau le plus étendu d’Afrique. Cette infrastructure constitue l’un des piliers de l’exportation de gaz vers l’Europe, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et la recherche de sources d’approvisionnement fiables.

Transmed et Medgaz, deux axes majeurs vers l’Europe

Le premier pilier de cette architecture énergétique est le gazoduc Transmed, qui relie l’Algérie à l’Italie en passant par la Tunisie. Cette infrastructure sous-marine et terrestre possède une capacité d’environ 33,5 milliards de mètres cubes par an. Elle constitue l’une des principales routes d’acheminement du gaz algérien vers l’Europe et place l’Italie parmi les premiers partenaires énergétiques d’Alger.

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Le second axe est Medgaz, un gazoduc sous-marin reliant directement les côtes du pays à l’Espagne. Sa capacité atteint 10,5 milliards de mètres cubes par an. Ensemble, Transmed et Medgaz permettent d’acheminer près de 43 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Europe, confirmant le rôle central de l’Algérie dans la sécurité énergétique du continent.

Ces deux infrastructures sont exploitées avec la participation du groupe public Sonatrach, un géant pétrolier considéré comme un acteur majeur du secteur énergétique national.

SoutH2, un projet tourné vers l’hydrogène

L’Algérie se projette aussi dans les nouvelles filières énergétiques. Le projet SoutH2 vise à transformer une partie des infrastructures existantes pour transporter de l’hydrogène vert vers l’Europe.

Selon les autorités algériennes, ce corridor énergétique pourrait relier l’Algérie à l’Allemagne via l’Italie et l'Autriche. La capacité envisagée atteindrait 4 millions de tonnes d’hydrogène par an, dont environ 1,2 million de tonnes provenant d’Algérie. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme européen REPowerEU, qui prévoit de développer les importations d’hydrogène pour accompagner la transition énergétique du continent.

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Le gazoduc transsaharien, un corridor africain stratégique

Parallèlement, l’Algérie participe au projet du Gazoduc transsaharien (TSGP), destiné à relier les gisements de gaz du Nigeria à l’Europe en traversant le Niger. Long de plus de 4100 kilomètres, ce pipeline pourrait transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an.

Le projet, estimé à 13 milliards de dollars, repose en grande partie sur des infrastructures déjà existantes en Algérie. Son capital est majoritairement détenu par Sonatrach et la compagnie nigériane NNPC.

Des ambitions énergétiques renforcées

Avec une production actuelle d’environ 130 milliards de mètres cubes de gaz par an, l’Algérie représente une part importante de la production gazière en Afrique du Nord. Les autorités ambitionnent d’atteindre 200 milliards de mètres cubes d’ici 2028.

Pour soutenir cette stratégie, un programme d’investissement de 60 milliards de dollars sur la période 2026-2030 est prévu. Il vise à développer de nouveaux gisements dans le sud du pays, renforcer les infrastructures et accroître les capacités d’exportation.

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Grâce à ces projets et à sa position géographique, l’Algérie consolide son rôle de partenaire énergétique majeur pour l’Europe et renforce son statut de hub énergétique entre l’Afrique et le continent européen.


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