L’Italie cherche à augmenter ses importations de gaz algérien dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés de l’énergie. Cette démarche s’inscrit dans une phase où plusieurs sources d’approvisionnement sont fragilisées, ce qui pousse les pays européens à revoir leurs options.
Dans ce cadre, l’entreprise italienne Eni SpA a entamé des discussions avec Sonatrach, la société publique algérienne chargée de la production et de l’exportation de gaz. L’objectif est d’obtenir des volumes supplémentaires de gaz algérien, en complément des contrats déjà en place entre les deux groupes.
Echanges encore ouverts sur les conditions
Les discussions ne se limitent pas à une simple augmentation des volumes. Elles portent aussi sur les modalités d’achat. D’après des informations rapportées par Bloomberg, Sonatrach privilégie une vente des quantités additionnelles via le marché spot. Cela signifie que les livraisons seraient effectuées à court terme, avec des prix alignés sur les niveaux actuels du marché.
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Ce point reste en débat. À ce stade, aucune décision officielle n’a été annoncée par les autorités italiennes. De son côté, Eni SpA a précisé dans une déclaration adressée à Bloomberg qu’elle « reçoit des quantités conformément aux conditions des contrats existants, en ligne avec les capacités disponibles dans le pays ».
Ces négociations interviennent dans un contexte particulier. Après 2022, l’Italie a modifié une partie de ses approvisionnements énergétiques à la suite de la baisse des livraisons en provenance de Russie. Certains accords conclus à cette période arrivent aujourd’hui à échéance, ce qui ouvre une nouvelle phase de discussions.
Plusieurs pays européens sur la même piste
L’Italie n’est pas la seule à se tourner vers le gaz algérien. L’Espagne a elle aussi engagé des échanges avec l’Algérie pour augmenter ses importations. D’autres pays européens suivent la même direction, en cherchant à sécuriser des volumes supplémentaires.
Les données disponibles montrent que l’Afrique du Nord représente une part non négligeable des importations européennes. En 2025, environ 10 % du gaz importé par l’Union européenne provenait de cette région. L’Algérie fait partie des fournisseurs réguliers, notamment pour le gaz naturel liquéfié.
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La question des infrastructures joue un rôle direct dans ces échanges. L’Italie bénéficie d’une connexion par gazoduc avec l’Algérie via le TransMed. Ce lien permet d’acheminer le gaz algérien sans passer par des terminaux maritimes, ce qui simplifie l’augmentation des volumes si les conditions commerciales sont réunies.
Un marché influencé par les tensions
Les discussions en cours ne peuvent pas être séparées du contexte international. Des frappes ayant visé des installations gazières au Qatar ont contribué à une hausse d’environ 35 % des prix du gaz en Europe.
Le Qatar fournit du gaz naturel liquéfié à plusieurs pays européens, dont l’Italie. Les dégâts signalés sur certaines installations ont entraîné une interruption partielle de la production, avec des opérations de réparation en cours.
Selon les informations disponibles, l’entreprise QatarEnergy pourrait recourir à des clauses de force majeure dans certains contrats. Ce dispositif permet de suspendre les livraisons en cas de circonstances exceptionnelles. Une telle décision pourrait avoir des effets sur les volumes disponibles pour les acheteurs européens.
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Une visite politique attendue à Alger
Dans ce contexte, la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, doit effectuer une visite à Alger dans les prochains jours. Le gouvernement italien a indiqué que ce déplacement était prévu de longue date et qu’il inclurait plusieurs sujets, dont la coopération énergétique.
Peu d’informations ont été communiquées sur le contenu précis des échanges à venir. Du côté algérien, aucune déclaration officielle n’a été publiée au moment des faits.
En parallèle, les autorités italiennes ont mis en place des mesures temporaires pour contenir l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur le marché intérieur. Ces dispositions doivent rester en vigueur pour une durée limitée. L’évolution des discussions entre Eni SpA et Sonatrach dépendra des conditions proposées pour l’achat de volumes supplémentaires de gaz algérien, ainsi que de la situation du marché dans les semaines à venir.
