Une filière de trafic de migrants a été démantelée dans le sud de la France. Des personnes originaires d’Algérie ont été acheminées clandestinement à bord d’un navire transportant du bétail, en se faisant passer pour des marins. L’enquête a conduit plusieurs suspects devant la justice, tandis que les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels complices.
Selon l’enquête, des migrants venus d’Algérie, ainsi que de Syrie et de Libye, ont été transportés vers l’Europe à bord d’un navire cargo de 91 mètres, dédié au transport de bétail. Le navire, nommé Anakin, appartenait à un groupe libanais et effectuait régulièrement des liaisons maritimes entre l’Afrique du Nord et la France.
Les migrants embarquaient clandestinement en se faisant passer pour des membres d’équipage. Ce procédé permettait de contourner les contrôles portuaires et d’entrer sur le territoire français sans être détectés. La méthode est utilisée depuis au moins janvier 2023, rapporte Le Monde.
L’enquête déclenchée par un signalement anonyme
L’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim 34) a ouvert l’enquête après un signalement anonyme mentionnant Ali Hammami, un Syrien de 54 ans, soupçonné d’organiser les passages depuis la Syrie et l’Afrique du Nord.
Les enquêteurs ont mis en place une surveillance autour des ports de Sète et Montpellier. Plusieurs débarquements suspects ont été identifiés et l’usage de faux documents administratifs a été constaté. Des intermédiaires coordonnaient les départs et les arrivées, facilitant le transport clandestin vers la France.
Des passages facturés plusieurs milliers d’euros
Les migrants devaient payer jusqu’à 20 000 euros pour bénéficier de ce passage. Selon l’enquête, ces tarifs variaient en fonction des pays d’origine et du trajet choisi.
Une fois arrivés en France, certains poursuivaient leur route vers d’autres pays européens, comme l’Allemagne. Selon les premiers éléments, une vingtaine de migrants auraient été transportés via ce réseau.
Des suspects présentés devant la justice
À l’issue de l’enquête, plusieurs suspects ont été interpellés et présentés devant la justice française à Sète. Ils sont poursuivis pour aide à l’entrée irrégulière sur le territoire et participation à un réseau organisé.
Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices, notamment dans les pays de départ dont l’Algérie. L’usage de navires de transport de bétail pour le trafic de migrants reste rare mais a déjà été observé dans certaines filières clandestines.
