Hydrogène vert : pourquoi l'Algérie s'impose comme le partenaire fiable de l'Europe

L’Algérie progresse dans la nouvelle architecture énergétique européenne portée par l’hydrogène vert. Le projet de corridor reliant l’Afrique du Nord à l’Europe entre dans une phase plus concrète, avec des accords politiques et industriels successifs. Derrière ces annonces, plusieurs pays européens accélèrent pour sécuriser des volumes futurs en provenance du sud de la Méditerranée.

Le projet SoutH2 Corridor constitue l’élément central de cette dynamique. Ce corridor de 3300 kilomètres doit relier l’Afrique du Nord à l’Italie, puis à l’Autriche et l’Allemagne, avec une capacité d’importation supérieure à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an. Le lancement opérationnel est envisagé au début des années 2030, avec une infrastructure reposant à 65 % sur des réseaux existants réutilisés.

Le projet bénéficie aussi d’un statut européen particulier. Il figure parmi les projets d’intérêt commun de l’Union européenne, ce qui facilite l’accès aux financements et accélère les procédures réglementaires. Cette reconnaissance s’inscrit dans la stratégie européenne visant à diversifier les sources d’énergie après la crise liée aux importations de gaz russe.

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Une dynamique politique renforcée entre cinq pays

La première étape politique a été franchie le 30 mai 2024, lorsque l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche ont signé un accord pour développer un réseau d’hydrogène reliant le sud de la Méditerranée à l’Europe centrale. Cet accord s’inscrit dans l’objectif européen d’assurer les importations d’hydrogène renouvelable d’ici 2030, avec des investissements estimés à plus de 4 milliards d’euros.

Une seconde avancée est intervenue le 21 janvier 2025 à Rome, lors d’une réunion ministérielle réunissant l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Les cinq pays ont signé une déclaration commune pour accélérer le développement du corridor. Ce cadre politique élargi a marqué l’entrée officielle de l’Algérie dans la chaîne de production et d’approvisionnement du projet.

Sonatrach et les industriels européens lancent les études

En octobre 2024, Sonatrach a signé un mémorandum d’entente avec Sonelgaz, l’allemand VNG, l’italien Snam, SeaCorridor et l’autrichien Verbund Green Hydrogen. L’objectif consiste à réaliser des études techniques et économiques couvrant toute la chaîne de valeur, depuis la production d’hydrogène vert en Algérie jusqu’à son transport vers l’Europe.

Selon les déclarations de Sonatrach, ces travaux doivent évaluer la faisabilité d’un projet intégré reliant la production algérienne au SoutH2 Corridor. L’implication conjointe d’entreprises publiques et privées dans cinq pays donne une dimension industrielle à ce projet énergétique, avec des études portant sur les infrastructures, la logistique et les débouchés industriels.

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L’Algérie au centre des calculs énergétiques européens

L’intérêt européen pour l’Algérie repose sur plusieurs facteurs. Le 12 février 2026, lors du dialogue politique entre l’Algérie et l’Union européenne, le commissaire européen à l’énergie Dan Jørgensen a confirmé que la coopération couvre le gaz naturel, l’hydrogène renouvelable, les énergies renouvelables et les interconnexions électriques. La Commission européenne a aussi souligné les avantages géographiques et énergétiques du pays.

Parallèlement, l’Autriche renforce sa position dans le projet. Vienne a annoncé 274,8 millions d’euros pour soutenir quatre projets nationaux liés à l’hydrogène. Le ministre autrichien de l’économie Wolfgang Hattmannsdorfer prévoit également une visite en Algérie afin de poursuivre les discussions sur la production, le transport et les usages industriels.


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