Les médecins algériens en France occupent une place importante dans les hôpitaux publics et se retrouvent au centre d’un débat politique après des propos tenus par le président de la République Emmanuel Macron lors d’un déplacement à l’hôpital de l’Ariège, le 27 avril 2026. Ses déclarations sur les praticiens formés hors Union européenne et sur la relation entre la France et l’Algérie ont relancé plusieurs discussions dans la sphère politique et médiatique.
Lors de sa visite, Emmanuel Macron, président de la République française, a évoqué la situation des praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue). Ces médecins, formés à l’étranger, exercent dans les établissements de santé français après un parcours de reconnaissance professionnelle encadré par plusieurs étapes administratives.
Le président a critiqué le fonctionnement du système en déclarant : « C’est encore le bordel. C’est un truc qui me rend dingue ! C’est la folie du système français ». Il faisait référence aux procédures nécessaires pour permettre à ces praticiens d’exercer pleinement dans les hôpitaux, malgré leur présence active dans de nombreux services.
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Selon les données de l’Ordre des médecins, plus de 19'150 médecins diplômés hors Union européenne exercent en France. Parmi eux, 38,8 % ont été formés en Algérie, ce qui place ce pays comme premier pays d’origine des Padhue sur le territoire français.
Dans le même échange, Emmanuel Macron a également réagi aux critiques visant les médecins étrangers. Il a déclaré : « Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie », une phrase qui a circulé dans le débat public et dans plusieurs médias.
Vives réactions politiques de la droite et de l'extrême droite
Les propos du chef de l’État ont entraîné plusieurs réactions dans la classe politique française. Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale, a dénoncé la forme du discours présidentiel. Elle a évoqué une « trumpisation » d’Emmanuel Macron, en lien avec un style jugé plus direct dans la communication politique.
Elle a également déclaré : « Pour le fond je trouve cette indignation indigne », tout en rappelant que les médecins étrangers doivent, selon elle, être soumis à des examens équivalents à ceux des médecins français pour garantir un niveau de compétence homogène dans les hôpitaux.
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Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, a également réagi. Dans un communiqué, il a estimé que les propos du président ne reflétaient pas les véritables enjeux du système de santé et de la politique migratoire. Il a déclaré : « ce faux prétexte ne vise qu’à dissimuler les vrais problèmes ».
Il a ajouté : « le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d’OQTF dangereux qui n’ont plus rien à faire en France », en référence aux obligations de quitter le territoire français. Sur la relation bilatérale, il a précisé : « Avec le régime d’Alger, la politique des bons sentiments est condamnée à l’échec ».
🇫🇷 FLASH | Marine Le Pen dénonce une « trumpisation » du chef de l’État, qu'elle accuse d’adopter un langage « extrêmement cru » après qu’Emmanuel Macron a dénoncé les « mabouls » qui veulent « se fâcher avec l’Algérie ». pic.twitter.com/vgTULpVJOE https://t.co/RozraGecmB
— Cerfia (@CerfiaFR) April 28, 2026
Place des médecins algériens dans le système hospitalier français
Les médecins algériens en France représentent une part importante des praticiens étrangers dans les hôpitaux publics. Ils interviennent dans plusieurs spécialités médicales et sont présents dans de nombreux établissements, notamment dans des zones où les besoins en personnel médical restent élevés.
Ces praticiens suivent un parcours réglementé avant d’obtenir une autorisation complète d’exercice. Ils doivent réussir des épreuves de vérification des connaissances (EVC), puis suivre une période de consolidation des compétences en milieu hospitalier. Ce processus conditionne leur accès au statut de médecin titulaire.
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Dans les services hospitaliers, les médecins algériens assurent des consultations, des gardes et des suivis de patients. Leur présence est particulièrement visible dans les établissements publics confrontés à des tensions de recrutement.
Les données disponibles indiquent que l’Algérie reste le principal pays d’origine des médecins diplômés hors Union européenne exerçant en France, devant la Tunisie, le Maroc, la Syrie et le Liban. Cette répartition est régulièrement utilisée dans les discussions sur la gestion des ressources médicales, la régulation des diplômes étrangers et l’organisation des hôpitaux français.
