L'Union européenne s'apprête à harmoniser les règles concernant les paiements en espèces sur l'ensemble de son territoire. Une nouvelle réglementation entrera en vigueur dans les prochains mois, fixant une limite unique pour les transactions en liquide.
Le règlement européen 2024/1624 relatif à la prévention de l'utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme fixe un montant maximal pour les paiements en espèces. À compter du 10 juillet 2027, il ne sera plus possible de régler un bien ou un service pour une somme supérieure à 10 000 euros en argent liquide au sein des pays membres, selon un article de BFMTV publié dimanche 3 mai 2026.
Cette limitation ne concerne que les transactions impliquant au moins une partie agissant à titre professionnel, comme un commerçant ou une entreprise. Les paiements entre particuliers ne sont pas touchés par ce plafond. Les domaines visés incluent les biens de luxe tels que les voitures haut de gamme, les yachts, les jets privés, ainsi que le secteur immobilier.
Économie Euro-dinar : nouvelle hausse sur le marché parallèle
La réglementation prévoit également une vérification obligatoire de l'identité du client et du bénéficiaire pour toute transaction en espèces supérieure à 3 000 euros. Cette disposition figure dans l'alinéa 61 du règlement.
Une harmonisation des règles au sein des Vingt-Sept
Avant cette harmonisation, les limites de paiement en liquide variaient fortement d'un pays à l'autre de l'Union européenne. Ces écarts offraient aux réseaux criminels des possibilités de déplacer leurs transactions vers les pays les plus permissifs. Le nouveau règlement vise à supprimer ces disparités.
L'Union européenne laisse aux États membres la possibilité de conserver ou d'introduire des plafonds nationaux plus stricts. La France ne sera donc pas obligée de relever son seuil actuel, fixé à 1 000 euros pour les transactions entre un particulier et un professionnel.
À compter du 10 juillet 2027, le règlement (UE) 2024/1624 instaurera un plafond commun de 10 000 euros pour les paiements en liquide lors de la vente de biens et de services dès lors qu’au moins une des parties agit à titre professionnelhttps://t.co/I6vBqqs1Rx
— l'abondance, le retour 🇫🇷 (@ReallyOffline) May 6, 2026
Cette règle française a été instaurée en 2015 par l'ancien ministre de l'Économie Michel Sapin, après les attentats qui ont frappé le territoire métropolitain. Auparavant, le plafond était de 3 000 euros. Certaines exceptions au seuil français existent pour les personnes non bancarisées et pour les touristes non-résidents, qui bénéficient d'un plafond de 10 000 euros.
Économie Algérie-Italie : les échanges commerciaux grimpent à 6,78 milliards d'euros en six mois
Une autorité européenne dédiée à la lutte contre le blanchiment
Pour superviser l'application de ces nouvelles règles, une Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux a été mise en place en 2025. Basée à Francfort, en Allemagne, elle compte aujourd'hui plus de 400 agents.
Cette autorité est chargée de superviser les entités financières présentant un risque élevé de blanchiment. Elle coordonne l'action des autorités nationales et dispose de pouvoirs contraignants pour prévenir le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Le règlement 2024/1624 a été adopté en 2024 et entrera en application dans sa totalité le 10 juillet 2027. Il constitue l'un des piliers de la politique européenne de lutte contre les circuits financiers illégaux.
Un impact limité pour les consommateurs français
Les Français ne verront pas leur quotidien modifié par cette nouvelle réglementation. Le plafond français de 1 000 euros pour les paiements en espèces entre un particulier et un professionnel reste en vigueur et demeure bien inférieur aux 10 000 euros fixés par l'Union européenne.
Économie Automobile en Algérie : Geely va fabriquer des voitures hybrides
En revanche, les voyageurs français se rendant dans d'autres pays de l'Union européenne devront tenir compte de ces nouvelles règles. Lors d'un séjour à l'étranger, tout achat en liquide supérieur à 10 000 euros auprès d'un professionnel devra être réglé par un autre moyen de paiement.
