Le Maroc occupe une place inattendue dans l'histoire des exportations pétrolières algériennes. Malgré l'arrêt total des échanges commerciaux entre les deux pays, le royaume demeure le premier client africain de l'Algérie en matière d'hydrocarbures. Les données compilées par les organismes spécialisés expliquent ce paradoxe statistique.
La liste des pays africains importateurs de pétrole algérien reste dominée par un petit nombre d'États. Depuis 2013 et jusqu'en avril 2026, six pays du continent se distinguent nettement dans les relevés de la plateforme Attaqa, spécialisée dans l'actualité énergétique. Le Maroc arrive en tête avec plus de 26 cargaisons de produits pétroliers algériens reçues sur cette période.
Derrière le royaume chérifien, la Libye totalise 12 cargaisons et la Tunisie 11. L'Afrique du Sud, avec 8 cargaisons, occupe la quatrième place de ce classement africain. Viennent ensuite l'Égypte avec 4 cargaisons et le Nigeria avec 3 cargaisons. Cette hiérarchie illustre une présence africaine modeste dans les exportations algériennes, traditionnellement tournées vers le marché européen.
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Les raisons de la première place du Maroc
La position marocaine s'explique par un besoin structurel apparu après la fermeture de la raffinerie Samir, l'unique unité de raffinage du pays. Pour compenser ce déficit, le Maroc s'est tourné vers les produits raffinés algériens, principalement le diesel et l'essence. Les importations ont atteint un pic en 2020 avec un volume annuel de 3,3 millions de barils.
Cette dépendance ponctuelle a gonflé les statistiques marocaines sur la période étudiée. Le volume importé cette année-là dépasse à lui seul le total cumulé de plusieurs autres pays africains sur l'ensemble de la période. Les données de la plateforme Attaqa confirment la concentration des achats marocains sur une fenêtre temporelle relativement courte.
L'arrêt des échanges depuis la rupture diplomatique
Les importations marocaines de pétrole algérien ont cessé brutalement en août 2021. Cette date correspond à la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat, décidée par les autorités algériennes. Depuis cette décision politique, aucune cargaison de produits pétroliers algériens n'a été livrée au Maroc.
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Le Gazoduc Maghreb-Europe (GME) relie l’Algérie à l’Espagne en passant par le Maroc.
▪️Avant 2021 : le gaz circulait dans le sens Algérie → Maroc → Espagne.
▪️Depuis fin 2021 : l’Algérie a coupé les… pic.twitter.com/drTX17iih4— The NEWS (@thenews_fr) March 29, 2026
L'arrêt du gazoduc Maghreb-Europe en novembre 2021 a définitivement scellé la fin de la coopération énergétique entre les deux voisins. Ce gazoduc, qui traversait le territoire marocain pour acheminer du gaz algérien vers l'Espagne, n'est plus utilisé par Alger. La rupture des échanges est donc totale et concerne l'ensemble des hydrocarbures.
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Les autres clients africains de l’Algérie
La Tunisie, troisième client africain historique, a importé des volumes modestes depuis 2013. Sa meilleure année reste 2020 avec 822 000 barils. La dernière cargaison tunisienne remonte à juillet 2025, pour un volume de 25 000 barils seulement. Ces chiffres confirment le caractère limité des échanges pétroliers entre l'Algérie et ses voisins africains.
L'Égypte pourrait modifier ce classement dans les mois à venir. Un mémorandum d'entente a été signé le mardi 5 mai 2026 entre Le Caire et Alger pour l'achat de brut algérien. Selon des sources algériennes citées par la plateforme Attaqa, les discussions se poursuivent pour finaliser cet accord qui pourrait porter sur 1,5 à 2 millions de barils par mois. Si ce projet aboutit, les premières livraisons interviendraient au troisième ou au quatrième trimestre 2026.
