Les exportations françaises de blé tendre affichent une dynamique solide à neuf mois de la campagne 2025/26. Le Maroc s'est hissé au rang de premier client, tandis que l'Algérie maintient une absence qui interroge les opérateurs céréaliers.
Selon les données présentées par FranceAgriMer lors d'un point presse le 13 mai 2026, le Maroc a importé 2,73 millions de tonnes de blé tendre français à fin mars. Ce volume dépasse très largement la moyenne quinquennale de 1,5 million de tonnes à la même période. Le royaume chérifien devance ainsi la Belgique, débouché structurel qui totalise 1,62 million de tonnes, et l'Espagne, qui affiche 1,12 million de tonnes.
Habasse Diagouraga, chargé d'études sur le marché français des céréales pour FranceAgriMer, a souligné cette progression marquée lors de la présentation des chiffres. L'Égypte enregistre également une nette progression avec 710 000 tonnes importées sur la période.
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L'Algérie, grande absente de la campagne
L'Algérie reste à l'écart des achats de blé français. « C'est le statu quo, on n'a pas de nouvelles », a commenté Habasse Diagouraga. Cette absence pèse sur les perspectives des prochains mois, car le marché algérien constitue traditionnellement un débouché pour les céréales hexagonales.
Le blé français 🇫🇷 victime de la crise avec l'Algérie 🇩🇿 pic.twitter.com/UHMSMXULAk
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L'incertitude est renforcée par l'annonce du Maroc de suspendre ses achats du 1er juin au 31 juillet, en raison d'une récolte domestique qui s'annonce abondante. Cette pause programmée pourrait modifier les équilibres commerciaux de fin de campagne. FranceAgriMer qualifie la répartition des exportations vers les pays tiers de « plus offensive », une orientation susceptible de préfigurer les dynamiques de la campagne 2026/27.
Des volumes d'exportation en nette hausse
À fin mars, les exportations françaises de blé tendre atteignaient 11,6 millions de tonnes, au-dessus de la moyenne quinquennale de 11,3 millions de tonnes et très nettement au-dessus des 6,9 millions de tonnes de la campagne précédente. FranceAgriMer a relevé ses prévisions pour l'ensemble de la campagne 2025/26 à 15,1 millions de tonnes, dont 7,25 millions de tonnes vers les pays tiers, en hausse de 2 % par rapport à avril et de 107 % par rapport à 2024/25.
Les flux vers les pays de l'Union européenne sont estimés à 7,75 millions de tonnes, en progression de 1 %. L'établissement public souligne des niveaux « élevés par rapport à la campagne précédente et même par rapport à la moyenne quinquennale sur pays tiers ». Habasse Diagouraga a rappelé que la compétitivité française avait été au rendez-vous en début de campagne, permettant d'exporter vers des destinations variées, notamment asiatiques.
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L'orge et le maïs confirment leur dynamisme
La campagne d'orge française connaît une « accélération marquée à partir d'octobre-novembre », selon FranceAgriMer. Les exportations atteignent 5,1 millions de tonnes à neuf mois de campagne, contre 4 millions de tonnes lors de la campagne 2024/25 et 4,6 millions de tonnes en moyenne quinquennale. Le Moyen-Orient signe un retour en force, l'Arabie saoudite important 890 000 tonnes d'orge française après deux campagnes d'absence, contre seulement 60 000 tonnes en moyenne quinquennale. La Libye affiche 370 000 tonnes, contre 30 000 tonnes en moyenne.
Le maïs grain français totalise 4,3 millions de tonnes exportées à fin mars, contre 3,3 millions de tonnes en moyenne quinquennale. Les Pays-Bas dominent les achats avec 1,22 million de tonnes, devant l'Espagne à 1,08 million de tonnes et la Belgique à 710 000 tonnes. Les prévisions d'exportation de maïs ont été relevées à 5,59 millions de tonnes pour la campagne.
