À Béjaïa, le groupe Cevital a franchi un nouveau cap industriel. Son complexe de trituration des graines oléagineuses, entré en production en 2023, est aujourd’hui le plus grand du bassin méditerranéen et le quatrième au monde. Une montée en puissance qui illustre les ambitions industrielles de l’Algérie dans l’agroalimentaire.
Longtemps associé au sucre, à l’huile de table ou encore à l’électroménager, le groupe Cevital de la famille Rebrab cherche désormais à s’imposer parmi les grands acteurs internationaux de la transformation agroalimentaire. Avec son immense complexe industriel implanté près du port de Béjaïa, l’entreprise privée algérienne affiche désormais des ambitions mondiales.
L’entrée en production de son unité géante de trituration en 2023 a marqué un tournant important. L’installation, équipée d’infrastructures modernes et de chaînes de transformation à grande capacité, est devenue en quelques mois l’un des projets industriels les plus importants du secteur agroalimentaire.
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Cevital mise sur un complexe parmi les plus grands au monde
Le complexe industriel développé par Cevital est spécialisé dans la transformation des graines oléagineuses. L’usine traite principalement trois types de matières premières : le soja, le colza et le tournesol. L’objectif est clair : produire localement des huiles végétales et des protéines végétales destinées à différents secteurs de l’économie nationale.
Selon les informations publiées autour du projet, le site est aujourd’hui considéré comme le plus grand complexe de trituration du bassin méditerranéen et en Afrique et le quatrième à l’échelle mondiale. Cette dimension place directement l’Algérie dans un cercle industriel jusque-là dominé par quelques grands groupes internationaux.
L’usine dispose également de capacités importantes de stockage des graines oléagineuses, des huiles brutes et des produits dérivés. Grâce à sa proximité avec le port de Béjaïa, le groupe bénéficie d’un avantage logistique important pour l’importation des matières premières et, à terme, pour l’exportation des produits transformés.
Une réponse à la dépendance alimentaire de l’Algérie
Pendant des années, l’Algérie a fortement dépendu des marchés extérieurs pour couvrir ses besoins en huiles végétales et en matières premières destinées à l’alimentation animale. Les crises mondiales récentes, notamment les perturbations des chaînes logistiques et la flambée des prix des matières premières agricoles, ont remis la question de la sécurité alimentaire au centre des priorités économiques.
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Le projet développé par Cevital s’inscrit dans cette logique. En augmentant les capacités locales de transformation, le groupe veut contribuer à réduire les importations de produits raffinés et renforcer la disponibilité des huiles de table sur le marché algérien.
Le complexe produit également des tourteaux riches en protéines, utilisés notamment dans l’alimentation animale. Ce segment représente un enjeu majeur pour les filières d’élevage en Algérie, qui restent largement dépendantes des importations.
Béjaïa, capitale agroalimentaire
La wilaya de Béjaïa occupe déjà une place centrale dans l’économie industrielle algérienne. Avec son port, ses infrastructures logistiques et la présence historique de plusieurs unités agroalimentaires, la région s’est progressivement imposée comme un pôle majeur du secteur. Le développement du complexe de trituration vient renforcer cette position.
Le secteur agroalimentaire représente aujourd’hui l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois dans la région, avec plus de 11.000 postes opérationnels selon les chiffres avancés localement. Une partie importante de ces recrutements concerne des jeunes diplômés universitaires formés directement sur les sites industriels.
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Cette dynamique contribue également à maintenir une activité économique importante dans toute la région de Béjaïa, notamment dans les secteurs liés au transport, à la logistique, à la maintenance industrielle et aux services.
Cevital vise désormais les marchés étrangers
Au-delà du marché algérien, le groupe fondé par Issad Rebrab regarde désormais vers l’exportation. Les capacités de production du complexe permettent au groupe d’envisager une présence plus importante sur les marchés méditerranéens et africains.
La demande mondiale en huiles végétales reste soutenue, notamment dans l’agroalimentaire, l’industrie et l’alimentation animale. Les grands acteurs du secteur cherchent à sécuriser leurs approvisionnements dans un environnement international marqué par de fortes fluctuations des prix agricoles.
Dans cette compétition, la position géographique de l’Algérie constitue un atout. Située aux portes de l’Europe et connectée à plusieurs marchés africains, Cevital peut miser sur des délais logistiques réduits et une proximité maritime stratégique.
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Le groupe cherche également à renforcer son image industrielle à l’international. Cette montée en puissance intervient alors que plusieurs entreprises algériennes tentent de développer des capacités d’exportation hors hydrocarbures.
L’évolution de Cevital illustre ainsi une transformation plus large de l’industrie agroalimentaire algérienne, qui tente progressivement de passer d’un modèle centré sur l’importation à une logique de production et de transformation à grande échelle.
