Étudiants étrangers en France : cette université n'appliquera pas les frais d'inscription à 2 895 €

Le gouvernement français veut généraliser les frais d'inscription différenciés pour les étudiants extra-communautaires, mais une université bretonne a annoncé qu'elle n'appliquera pas la mesure. La direction de cet établissement a publié un communiqué sans équivoque après un vote consultatif. Le montant concerné atteint 2 895 euros par an en licence, une somme que l'université refuse d'imposer à ses étudiants internationaux.

Le projet porté par le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, dans le cadre du plan « Choose France for Higher Education », vise à appliquer plus strictement les droits d'inscription différenciés instaurés en 2019. Ces frais, rarement mis en œuvre jusqu'à présent, concernent les étudiants non ressortissants de l'Union européenne. Concrètement, les étudiants extra-communautaires non exonérés devraient payer 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros en master, contre quelques centaines d'euros actuellement.

Le texte présenté par le ministère a été très largement rejeté le mardi 12 mai par les élus du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser). Cette instance consultative réunit des représentants des universités, des personnels et des étudiants. Comme le rappelle Ouest-France, le gouvernement espère à terme plusieurs centaines de millions d'euros de recettes supplémentaires grâce à cette réforme, dans un contexte de fortes tensions budgétaires pour les établissements d'enseignement supérieur.

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Un assouplissement du plafond d'exonération jugé insuffisant

Face à la contestation du monde universitaire, le gouvernement a revu sa copie. Le ministère propose désormais de relever le plafond d'exonération accordé aux universités. La première version du texte limitait à 10 % la part des étudiants pouvant être dispensés de ces frais. Le nouveau projet fixe un objectif de 20 %, avec une période transitoire à 30 % dès la rentrée 2026, puis à 25 % en 2027.

Selon le ministère, cet assouplissement fait suite aux échanges menés avec les présidences d'université et France Universités afin « de faciliter la mise en œuvre » du dispositif. Malgré cette évolution, la mesure reste fortement contestée dans plusieurs établissements qui dénoncent une logique budgétaire contraire aux valeurs d'ouverture de l'enseignement supérieur français.

L’université Rennes 2 maintient son refus depuis 2019

À Rennes, l'université Rennes 2 a immédiatement réaffirmé son opposition au projet. Dans un communiqué publié après le vote du Cneser, la présidence rappelle que l'établissement refuse depuis 2019 d'appliquer les frais différenciés pour les étudiants extra-communautaires. « C'est un point de consensus au niveau de l'établissement, malgré notre situation financière précaire », souligne l'université.

La direction de Rennes 2 ajoute que « ce n'est pas aux étudiantes et étudiants internationaux de payer pour un déficit dû au sous-financement structurel des universités françaises. » L'établissement estime que cette hausse des frais serait « contre-productive » et constituerait « un frein considérable » pour les étudiants étrangers aux revenus modestes, « dont la plupart proviennent de pays du Sud. »

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Des conséquences redoutées sur l'attractivité internationale

L'université rennaise souligne également que ces étudiants « ne bénéficieront déjà plus des APL à la rentrée prochaine », ce qui rendrait « cette hausse de plusieurs milliers d'euros très difficile à assumer. » La présidence craint un « effet dissuasif » sur les inscriptions internationales, alors que la présence des étudiants étrangers représente « une richesse » pour les universités françaises « sur les plans pédagogique, scientifique et culturel. »

« L'internationalisation de nos formations s'appuie aussi sur eux et elles, dont beaucoup deviendront ensuite les ambassadeurs et ambassadrices de nos établissements à l'étranger », insiste Rennes 2. L'université réaffirme son attachement « au maintien de l'ouverture internationale, notamment vers les pays du Sud et l'Afrique francophone. » La position de Rennes 2 illustre la résistance d'une partie du monde universitaire face à un projet que le gouvernement entend pourtant voir appliquer dès la rentrée 2026.


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