La ratification de l’accord énergétique entre l’Algérie et l’Azerbaïdjan ouvre une nouvelle porte pour Sonatrach en Europe. Au centre de ce dispositif figure la raffinerie d’Augusta, en Sicile, appelée à recevoir du brut azerbaïdjanais fourni par SOCAR.
Sonatrach ne se limite plus aux exportations classiques de gaz vers le Vieux Continent. Avec l’entrée en application du mémorandum de coopération pétrolière et gazière entre Alger et Bakou, le groupe public algérien avance sur un terrain plus large : raffinage, produits pétroliers, logistique méditerranéenne et approvisionnement industriel.
Le décret présidentiel n°26-195 du 12 mai 2026, publié au Journal officiel n°38 du 25 mai 2026, ratifie le mémorandum signé entre l’Algérie et l’Azerbaïdjan dans le domaine du pétrole et du gaz. Le texte couvre plusieurs volets : exploration, production d’hydrocarbures en mer et sur terre, pétrochimie, commercialisation, gaz naturel liquéfié, infrastructures énergétiques, énergies vertes et hydrogène.
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Sonatrach Europe : ce que change l’accord avec l’Azerbaïdjan
L’un des points les plus concrets concerne l’approvisionnement à long terme de Sonatrach Raffineria Italiana en pétrole léger azerbaïdjanais, ainsi qu’en d’autres types de brut, par SOCAR, la compagnie nationale d’Azerbaïdjan.
Pour Sonatrach, l’enjeu est industriel autant que commercial. Une raffinerie dépend de la régularité de ses approvisionnements, de la qualité du brut reçu et de sa capacité à répondre rapidement aux besoins du marché. Le brut léger azerbaïdjanais apporte une source supplémentaire et renforce la flexibilité de la raffinerie d’Augusta.
Cette diversification compte dans une Europe encore marquée par les tensions énergétiques et la recomposition des circuits d’approvisionnement depuis la guerre en Ukraine. Pour l’Algérie, elle permet aussi d’élargir son rôle : ne plus seulement vendre du gaz ou du brut, mais occuper davantage la chaîne de valeur des produits transformés.
La raffinerie d’Augusta, atout stratégique de Sonatrach en Italie
Située en Sicile, la raffinerie d’Augusta a été acquise par Sonatrach auprès d’ExxonMobil. Elle constitue aujourd’hui l’un des actifs les plus importants du groupe algérien à l’étranger. À travers Sonatrach Raffineria Italiana, Sonatrach dispose d’un outil de raffinage, de stockage et de distribution au cœur de la Méditerranée.
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Cette implantation permet au groupe algérien de servir les marchés européens en produits pétroliers finis, tout en répondant à certains besoins de l’Algérie. La raffinerie produit notamment du gasoil, du bitume, des huiles de lubrification, des bases industrielles et des matières premières comme la paraffine.
Selon des déclarations récentes de Rosario Pistorio, directeur général de Sonatrach Raffineria Italiana, l’installation doit notamment fournir à l’Algérie du bitume destiné aux infrastructures routières, avec des volumes évoqués autour de 500 000 tonnes par an. Ce chiffre illustre le rôle concret d’Augusta dans la sécurité d’approvisionnement du pays.
SOCAR, Augusta et la Méditerranée : un nouvel axe énergétique
Avec SOCAR comme fournisseur de brut et Augusta comme plateforme industrielle, Sonatrach consolide un axe reliant Bakou, la Sicile et le marché européen. Cette route ne remplace pas les grands circuits historiques de l’énergie algérienne, mais elle les complète.
L’accord est prévu pour cinq ans, avec possibilité de reconduction automatique. Il donne aux deux parties une visibilité suffisante pour organiser les flux, renforcer la coopération et explorer d’autres dossiers, notamment le gaz naturel liquéfié, la pétrochimie, les infrastructures énergétiques et l’hydrogène.
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Pour l’Algérie, ce partenariat offre une double portée. Il renforce la présence internationale de Sonatrach et valorise un actif industriel situé dans l’Union européenne. Il montre aussi que la compétition énergétique ne se joue plus seulement sur les volumes exportés, mais sur la capacité à maîtriser le raffinage, la logistique, les produits finis et les points stratégiques de la Méditerranée.
