À 98 ans, une Américaine obtient la nationalité algérienne

Elaine Klein, une Américaine âgée de 98 ans, a obtenu la nationalité algérienne par un décret présidentiel publié au Journal officiel. Cette décision récompense un parcours de plusieurs décennies aux côtés de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie. L'intéressée, également connue sous le nom d'Elaine Mokhtefi, a vécu une dizaine d'années dans le pays après 1962.

La nationalité algérienne a été accordée à Elaine Klein en vertu d'un décret présidentiel du 23 juillet 2026. Le texte a été publié au Journal officiel n° 55. La naturalisation a été prononcée dans les conditions prévues par les articles 11 (alinéa 1er) et 12 de l'ordonnance n° 70-86 du 15 décembre 1970, modifiée et complétée, portant code de la nationalité algérienne.

Le décret mentionne l'identité de l'intéressée : Elaine Klein, née le 10 décembre 1928 à New York, aux États-Unis d'Amérique. Cette naturalisation fait suite à une reconnaissance officielle de l'engagement de l'intéressée en faveur de l'Algérie. La décision présidentielle intervient plus de soixante ans après l'indépendance du pays.

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Une militante anticolonialiste engagée depuis les années 1950

Elaine Klein est née le 10 décembre 1928 à New York, dans une famille d'origine juive. Elle s'est installée en France en 1952, à Paris. C'est à cette période qu'elle a découvert la réalité vécue par les Algériens sous la colonisation française et qu'elle a choisi de soutenir le mouvement en faveur de l'indépendance. Elle s'est rapprochée des militants anticolonialistes et a rejoint le bureau du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) à New York.

En 1960, elle a rejoint le diplomate Mohamed Sahnoun au bureau de représentation du GPRA à New York. Elle a rencontré Frantz Fanon à la Conférence des peuples africains à Accra (Ghana) en 1958. Elle l'a veillé lors de ses derniers jours dans un hôpital aux États-Unis, alors qu'il était atteint d'une leucémie. Elle a accueilli des membres de mouvements de libération nationale africains et de la section internationale des Black Panthers.

Une journaliste et traductrice installée en Algérie après 1962

Après les Accords d'Évian de 1962, Elaine Klein s'est installée à Alger. Elle a exercé comme journaliste à l'Agence de presse algérienne (APS), couvrant l'actualité des pays du Tiers-Monde et des mouvements de libération. Elle a également travaillé comme traductrice et interprète. Elle a contribué à l'organisation du premier Festival panafricain d'Alger, en 1969.

En 1972, elle a épousé Mokhtar Mokhtefi, un ancien combattant de l'Armée de libération nationale (ALN) devenu écrivain. Elle a pris le nom d'Elaine Mokhtefi. Son mari est décédé en 2015. Elle a quitté l'Algérie en 1974, après y avoir vécu une dizaine d'années, sans pour autant se désintéresser du pays. Durant son séjour, elle a accompagné plusieurs figures du mouvement anticolonial, notamment Ahmed Ben Bella et Fidel Castro.

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En 2018, Elaine Mokhtefi a publié ses mémoires sous le titre "Alger, capitale du Tiers-Monde : combattants de la liberté, révolutionnaires, Black Panthers". L'ouvrage est également connu sous les titres "Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Black Panthers" ou "Alger, la révolutionnaire". Il a connu un succès en Algérie. Elle y décrit une Alger devenue un lieu de rencontre pour de nombreux militants anticoloniaux et antiracistes venus de différents pays.


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