Vol France-Algérie : 600 000 passagers en août, pourquoi le trafic ralentit ?

Le trafic aérien entre la France et l’Algérie reste massif, mais il marque le pas. En août 2026, environ 600 000 passagers ont voyagé entre les deux pays. Depuis janvier, le nombre de voyageurs atteint 3,9 millions, selon les données publiées le 21 septembre par la Direction générale de l’aviation civile française (DGAC) dans son indicateur mensuel TendanCiel.

Derrière ces volumes toujours élevés se dessine pourtant une tendance : le marché France-Algérie recule pour le troisième mois consécutif.

Les vols France-Algérie reculent de 4,9 % en août

La baisse est nette. En août, le trafic entre la France et l’Algérie a diminué de 4,9 % par rapport à août 2025. Le phénomène n’est pas isolé : le recul atteignait déjà 5,2 % en juillet et 5,4 % en juin. Sur les huit premiers mois de 2026, la liaison totalise ainsi 3,9 millions de passagers, soit 1,7 % de moins qu’à la même période en 2025.

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Il ne s’agit toutefois pas d’un effondrement du marché. La comparaison avec la période précédant la crise sanitaire montre au contraire à quel point les échanges aériens entre les deux rives de la Méditerranée se sont développés. Le trafic cumulé France-Algérie reste 28,9 % supérieur à celui enregistré en 2019. L’axe demeure donc structurellement beaucoup plus fréquenté qu’avant la pandémie.

À titre de comparaison, le Maroc affiche 6,9 millions de passagers depuis janvier, en hausse de 5,7 % sur un an, tandis que la Tunisie atteint 3,2 millions, avec une progression de 4,7 %. L’Algérie fait ainsi figure d’exception parmi les trois grands marchés nord-africains suivis par la DGAC : son trafic recule alors que ceux du Maroc et de la Tunisie continuent de progresser.

Une baisse qui dépasse le seul marché algérien

La situation doit aussi être replacée dans un contexte aérien français moins dynamique. En août 2026, le trafic commercial de passagers en France a reculé de 1 % sur un an. Le trafic international a baissé de 1,4 %, avec un recul encore plus marqué sur les plateformes parisiennes. La DGAC souligne néanmoins que l’Afrique, prise dans son ensemble, résiste mieux : le trafic entre la métropole et le continent progresse de 1,1 % en août et de 3,3 % depuis janvier.

Les aéroports parisiens illustrent ce ralentissement. Paris-Charles-de-Gaulle a accueilli 6,86 millions de passagers en août, soit une baisse de 1,1 %, tandis qu’Orly en a enregistré 3,22 millions, en recul de 7,4 %. Au total, Paris Aéroport a traité 10,08 millions de voyageurs, soit 3,2 % de moins qu’en août 2025.

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Le prix des billets constitue également un élément de contexte. En août, les tarifs aériens au départ de France ont progressé de 2,9 % sur un an, et même de 4,4 % sur les liaisons internationales. Il serait toutefois excessif d’attribuer directement la baisse du trafic France-Algérie à cette seule hausse : la DGAC ne fournit pas, dans son baromètre, de cause unique spécifique à l’Algérie.

Le constat est donc nuancé. Avec 600 000 voyageurs en un seul mois et 3,9 millions depuis janvier, les vols France-Algérie restent parmi les grands flux internationaux au départ de France. Mais après plusieurs années de forte croissance, 2026 ressemble davantage à une phase de stabilisation, avec un trafic encore très supérieur à 2019, mais désormais légèrement inférieur aux niveaux records observés en 2025.


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