Grave dérapage du ministre de l'Intérieur Salaheddine Dahmoun. Il a traité ceux qui s'opposent à l'élection présidentielle du 12 décembre de tous les noms d'oiseaux, bien relayés par les chaînes TV privées. En effet, c'est avec « Pseudo-Algériens », « traîtres », « mercenaires », « homosexuels », « pervers » qu'il s'est défoulé ce mardi 3 décembre devant le Parlement.

Dans une intervention sur le nouveau découpage administratif, le ministre de l'Intérieur a dérapé gravement. Il a utilisé des propos inimaginables. S'il n'y avait pas la vidéo de son intervention, personne ne croirait qu'un membre du gouvernement avait tenu de tels propos.

Quand le ministre a évoqué la crise politique en vigueur, personne ne s'attendait à ce qu'il utilise des propos aussi surréalistes. « Le colonialisme a utilisé ses enfants dans la guerre. Malheureusement, il subsiste chez certains une pensée colonialiste dans laquelle sont utilisés certains de nos enfants algériens », a-t-il d'abord souligné.

La présidentielle donne le tournis à Dahmoune

C'est après cette phrase qu'il dérape en assénant : « Ce sont de faux Algériens, des traîtres, des mercenaires, des pervers, des homosexuels. Nous les connaissons un à un. Ils ont pris parti avec ces gens. Ils ne sont pas des nôtres ».

Il faut dire que ce ne sont pas seulement les mots obscènes utilisés qui constituent le principal dérapage du premier policier du pays. C'est surtout l'association de ces propos vulgaires à un événement politique.

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Les opposants à la présidentielle traités aussi d'homosexuels

En fait, dans un pays comme l'Algérie, c'est la meilleure façon de demander au peuple algérien de ne pas se mêler de la chose politique. « Dégagez du champ politique, ça ne vous regarde pas ! ». C'est ce que semble dire Salaheddine Dahmoune aux Algériens, notamment les millions qui sortent tous les vendredis pour dire justement non à l'élection présidentielle du 12 décembre.

Parlant encore du scrutin présidentiel, le ministre de l'intérieur estimera aussi que les élections « donneront une leçon de l’unité du peuple algérien, de sa position seule et unique pour conserver l’indépendance de l’Algérie ». En fait, pour lui, les opposants à cette opération de vote « véhiculent les idées restantes du colonialisme ».

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