L'ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal s'est exprimé dimanche 8 décembre avec beaucoup d'émotion quand le juge lui a donné la parole. C'était à l'occasion du dernier jour du procès des anciens hauts responsables et des hommes d'affaires dans le dossier de l'industrie automobile et du financement de la campagne électorale de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika.

Abdelmalek Sellal avait du mal à s'exprimer en raison de l'émotion. Il s'est dit « trahi ». « Dites ce que vous voulez, mais pas corrompu. Je jure qu'on m'a trahi. Je suis passé par une situation difficile », a indiqué l'ancien ministre des ressources en eau au bord des larmes. Et d'ajouter : « Je préfère mourir qu'on dise de moi que je suis corrompu ».

Toujours avec beaucoup de difficulté, Abdelmalek Sellal se défendra d'être mêlé à la corruption. « Je jure que je n'ai touché aucun sou. Je jure que je n'ai donné aucun sou. Je ne suis pas un corrompu. C'est dur. Celle-là, elle est trop dure pour que je l'accepte. Je ne suis pas un corrompu », a-t-il martelé toujours en retenant difficilement ses larmes.

L'ex-Premier ministre fera cependant un clin d'oeil au chef d'état-major de l'ANP Ahmed Gaïd Salah et à l'armée en général. « Je préfère mourir qu'on dise de moi que je suis corrompu. J'étais fier de l'armée et de ses dirigeants, surtout après l'attaque de Tiguentourin. Comment voulez-vous que je trahisse mon pays aujourd'hui. C'est impossible », a-t-il encore déclaré.

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Pour rappel, ce procès entamé le 4 décembre, après son report deux jours plus tôt, a vu défiler à la barre les deux Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, deux ex-ministres de l'Industrie Youcef Yousfi et Mahdjoub Bedda (le troisième Abdeslam Bouchouareb est en fuite à l'étranger) ainsi que les hommes d'affaires concernés par les usines de montage de véhicules et le financement de la campagne de Abdelaziz Bouteflika, entre autres Ahmed Mazouz, Hassan Larbaoui, Ahmed Baïri et Ali Haddad.

Le procès clôturé dimanche 8 décembre a vu le procureur de Sidi M'hamed requérir de lourdes peines à l'encontre des accusés. Il a ainsi requis 20 ans de prison contre les deux ex-Premiers ministres et le ministre en fuite Abdeslam Bouchouareb. Il a également demandé 15 ans pour Yousfi et Bedda. Aussi, il a requis dix ans de prison contre Ali Haddad et l'ancien ministre Abdelghani Zaalane. Le verdict est mis en délibéré pour mardi 10 décembre