Le président français Emmanuel Macron s’est exprimé une nouvelle fois sur la guerre d’Algérie. Il s’est dit « convaincu » que son pays devait revisiter la mémoire de la guerre d’Algérie pour mettre un terme au « conflit mémoriel » qui « rend la chose très dure en France ».

Dans un entretien accordé au Figaro, Emmanuel Macron est revenu sur la question mémorielle et notamment le rapport qu’entretient la France avec la guerre d’Algérie. «Je suis très lucide sur les défis que j’ai devant moi d’un point de vue mémoriel et qui sont politiques. La guerre d’Algérie, sans doute, est le plus dramatique d’entre eux. […] Je le sais depuis ma campagne » a-t-il indiqué.

Évoquant ses déclarations accordées à la chaîne Echourouk en 2017, dans lesquelles il avait qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité », de « vraie barbarie », Emmanuel Macron assure : «J’ai crispé des gens. [Mais] je pense que je les ai ramenés, maintenant, dans une capacité à dialoguer ». Le chef de l’Etat français assure vouloir parachever le travail de mémoire. «S’il y parvient, ce sujet aura “à peu près le même statut que ce qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995″» assure-t-il.

Emmanuel Macron est revenu au cours de cet entretien sur les raisons pour lesquelles le travail de mémoire de la guerre d’Algérie n’est toujours pas accompli. «On n’en a pas parlé, on a écrasé. […] Il n’y a pas eu un travail politique mémoriel […]. On a jamais fait ce travail, aussi, parce que le problème c’est que la contrepartie n’est pas là » a-t-il conclu.

Les démarches de récupération des archives suspendues

Le ministre de Moudjahidine Tayeb Zitouni avait déclaré en décembre dernier, que l’Algérie a rompu les démarches visant la récupération des archives et des crânes de Chouhada et chefs de la résistance algérienne qui se trouvent en France. Cela en raison des tergiversations de la France sur la question.

Tayeb Zitouni avait accusé l’État français de « tergiversations » sur le sujet. « L’Algérie a formulé une demande officielle de récupération de ces archives et des crânes des résistants algériens, que j’ai signée moi-même, ainsi que l’ex-ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. Cette demande a été transmise au ministère français des Affaires étrangères par le biais de l’Ambassadeur d’Algérie en France », avait-il assuré.