Les déclarations d’Emmanuel Macron, accordées hier au Figaro, faisant le parallèle entre la guerre d’Algérie et la Shoah, ont provoqué une vive polémique en France. Le président français s’est attiré une nouvelle fois, les foudres de l’extrême droite française.

Le président français avait affirmé à ce sujet que le travail de mémoire sur la guerre d’Algérie, qu’il compte mener sous sa présidence doit obtenir «à peu près le même statut que celui qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995».

Emmanuel Macron avait estimé que la France devait revisiter la mémoire de la guerre d’Algérie (1954-1962) pour mettre un terme au « conflit mémoriel ». «On n’en a pas parlé, on a écrasé. […] Il n’y a pas eu un travail politique mémoriel […]. On a jamais fait ce travail, aussi, parce que le problème c’est que la contrepartie n’est pas là » a-t-il déclaré.

La droite et l’extrême droite françaises se disent « scandalisées »

Les propos d’Emmanuel Macron ont fait réagir la classe politique en France. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen a estimé que « comparer la Shoah à la guerre d’Algérie est obscène. Emmanuel Macron est en pleine dérive », a-t-elle écrit sur son compte Twitter.

Pour sa part, l’eurodéputé du parti Les Républicains François-Xavier Bellamy a qualifié les déclarations de Macron « d’indécence absolue ». « Ces propos sont à la fois une folie pour l’histoire et la mémoire, et une bombe à retardement pour notre avenir », a-t-il estimé.  

Pour Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR, il s’agit « de l’indécence. Après avoir qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité », il fait l’amalgame entre la guerre d’Algérie et le pire génocide de l’histoire humaine ! ». Il dénonce une « double offense pour les soldats français qui ont combattu en Afrique du Nord et qui se voient assimilés aux bourreaux de la pire espèce » et pour « les victimes de la Shoah puisque cet insupportable rapprochement revient à relativiser la monstruosité qu’a été l’Holocauste », a-t-il indiqué. 

Emmanuel Macron explique ses propos

Réagissant la polémique provoquée par ses déclarations, Emmanuel Macron a expliqué dans l’après-midi de ce samedi 25 janvier, qu’il est conscient de la « singularité la plus extrême » de l’Holocauste et qu’il s’agit  d’un « crime absolu qui ne peut être comparé à aucun autre ».

L’Élysée a récusé dans un communiqué, toute comparaison entre la Shoah et la guerre d’Algérie, relevant la « singularité la plus extrême » de l’Holocauste. « Le président a réaffirmé l’unicité de la Shoah : elle est indiscutable », précise le communiqué.