Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune s’apprête à signer son premier décret portant la grâce présidentielle de prisonniers condamnés définitivement. Ce décret devrait être adressé aux procureurs généraux, aux juges de l’application des peines et aux directeurs des établissements pénitentiaires. Cette mesure de grâce ne toucherait pas les détenus d’opinions qui sont en majorité en attente de jugement.

En effet, selon des sources bien informées, le décret toucherait les prisonniers condamnés définitivement, à qui il ne reste qu’entre 8 et 10 mois de peine à purger. Cette décision du Chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune concernerait également la commutation de la peine de mort à la perpétuité et la perpétuité à 20 ans de prison pour d’autres prisonniers. Par ailleurs, cette grâce exclut les personnes impliquées dans des affaires de drogue, de terrorisme, de corruption, de transfert illicite, de contrebande, de viol, de parricide et d’infanticide.

Il faut signaler que cette grâce est la première à être décidée en dehors des dates qui représentent un symbole pour l’Algérie. Elle arrive à un moment où plusieurs militants politiques se retrouvent en prison.

La grâce ne toucherait pas les détenus d’opinion

La grâce présidentielle ne toucherait pas les détenus d’opinions contrairement aux attentes des militants politiques qui ne cessent d’appeler à des mesures d’apaisement. En effet, la majorité des détenus ne sont pas encore jugés et sans jugement définitif, ils ne pourront pas bénéficier de cette mesure. Ainsi, Karim Tabbou attend toujours son procès tout en étant en détention provisoire. Le président de l’UDS, qui a passé plus de 140 jours d’isolement à la prison a vu sa détention prolongée de 4 mois alors que l’instruction de son dossier a pris fin depuis plusieurs semaines.

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Quant à Fodil Boumala, il sera présenté devant les juges, le 9 février prochain au tribunal de Dar El Beida à Alger. Le militant se retrouve également en isolement depuis sa détention provisoire le 19 septembre 2019. De son côté, le président de l’association RAJ, Abdelwehab Fersaoui est toujours en détention provisoire alors que la date de son procès n'a toujours pas été fixée. Les dizaines de manifestants, qui ont été arrêtés depuis le début du Hirak ne vont pas bénéficier des mesures de la grâce présidentielle .

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