Le Premier ministre Abdelaziz Djerad s’est violemment attaqué à son prédécesseur Noureddine Bedoui, l’accusant d’avoir voulu « semer la zizanie » à travers certaines dispositions de la loi de finances 2020. Djerrad s’est exprimé, ce mardi 11 février, devant les députés lors de la présentation du plan d’action de son gouvernement.

S’exprimant sur la proposition d’une loi de Finance complémentaire pour colmater les brèches de la loi de finance 2020 , Abdelaziz Djerrad a indiqué qu’il a proposé au président de la République « l’élaboration d’une loi de Finances complémentaire qui verra entre autres la suppression des dispositions fiscales touchant les travailleurs du Sud et les professions libérales et qui avaient pour objectif de créer la zizanie ».

Cette déclaration lourde de sens et pleine de sous-entendus arrive dans un contexte politique très tendu, où la crise politique n’est pas encore résolue. Le Premier ministre rejoint ainsi toutes les professions qui se sont mobilisées contre cette disposition portant soumission au régime général des professions libérales, jusque-là soumises à l’impôt forfaitaire unique (IFU). Une disposition qui a fait réagir les médecins, les avocats et les notaires qui ont entrepris des actions de protestation, poussant le gouvernement actuel à annoncer son gel.

Abdelaziz Djerrad remettra-t-il en cause d’autres lois ?

Abdelaziz Djerrad compte ainsi se désengager de l’héritage du gouvernement de Noureddine Bedoui pourtant censé gérer les affaires courantes. Reste désormais à savoir si le nouveau premier ministre remettra en cause d’autres lois, dont celle sur les hydrocarbures ayant soulevé un tollé au sein de la société.

Par ailleurs, afin d’apaiser le climat social le gouvernement de Abdelaziz Djerad s’est engagé à améliorer le pouvoir d’achat des Algériens à travers la révision de la politique salariale.  Il l’a annoncé dans son plan d’action présenté devant les députés de l’Assemblée populaire nationale.

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