Le juge de la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Montpellier, au sud de la France, a ordonné ce vendredi 21 février la remise en liberté immédiate d’un jeune Algérien ayant assassiné un étudiant français en 2011. La décision de la justice a suscité une vive polémique en France. La famille de la victime a annoncé son intention de faire appel de cette décision, rapporte France Bleu. 

Selon le média français, le jeune Algérien avait poignardé à mort l'étudiant dans la nuit de 2 au 3 janvier 2011 dans un parking de la résidence Chantebrise, sur l’avenue de Lodève, à Montpellier. L'inculpé, âgé de 16 ans au moment des faits, était sur le point de cambrioler une voiture en bas d’un immeuble lorsque la victime et son père sont descendus pour tenter de le neutraliser.

Le ressortissant algérien a, alors, essayé de s’en sortir en se défendant violemment. Il avait porté plusieurs coups de couteau au père et à son fils. Grièvement touché, ce dernier, 23 ans, est décédé sur place. Au lendemain de son meurtre, l'Algérien a fui la France pour se réfugier en Algérie.

Arrêté, jugé et emprisonné en Algérie

Arrivé en Algérie, le meurtrier a été arrêté par les services de sécurité algérienne à la faveur de la procédure judiciaire enclenchée contre lui en France. Il a été condamné à 10 ans de prison ferme par la justice algérienne pour homicide volontaire et a été libéré après 8 ans d’incarcération.

De retour en France en novembre 2019, le jeune homme est encore une fois arrêté et placé en détention pour les mêmes faits. La police français l’a interpellé à sa descente d’avion à l’aéroport de Montpellier Méditerranée avant qu'il ne soit incarcéré au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone.

La libération du jeune algérien ouvre la voie à des années de débats juridiques en France

Présenté ce vendredi devant les juges de la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Montpellier, le meurtrier, âgé aujourd’hui de 25 ans, a bénéficié d’une procédure de libération immédiate. « On ne peut pas juger deux fois l’auteur d’un crime ou d’un délit », a expliqué l’avocat de la défense, Me Luc Abratkewicz. Ce dernier estime que « si son client n’a pas été extradé en France au moment de son arrestation en Algérie, c’est pour des raisons de procédures administratives indépendantes de la volonté de son client. »

En revanche, les avocats de la famille de la victime ont décidé de lancer une nouvelle procédure judiciaire  pour que le meurtrier soit jugé en France. A ce propos, Me Luc Abratkewicz a déclaré qu’il s’attend d’ores et déjà à « des années de débats juridiques ».