L’ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie, Saïd Sadi, s’est exprimé sur la conjoncture politique actuelle que traverse le pays dans une contribution sur sa page Facebook, samedi 29 février. Le leader démocrate a alerté sur les dangers que représente la confusion entretenue ces derniers jours sur le Hirak.

Retour sur scène des islamistes

Par ailleurs, l’ancien président du RCD a abordé la question de l’islamisme politique qui refait surface au sein du Hirak. Il explique que « les hésitations, les collusions, les contradictions et autres positions à géométrie variable émanant de sources invoquant la rupture créent un climat de confusion propice aux dévoiements et dérives car elles ouvrent la voie aux forces rétrogrades qui, elles, assument leurs objectifs ».

Plus explicitement Saïd Sadi avertit sur le retour sur scène des islamistes et constate que « ces dernières semaines, on observe des initiatives et déclarations simultanées et concertées émanant du camp islamiste qui convergent sur des stratégies de diversion. Leur finalité est d’occulter le débat sur les fondamentaux démocratiques afin de dérouter le fleuve citoyen du 22 février et le vider de sa substance ».

L’ancien président du RCD accuse les islamistes de vouloir récupérer le mouvement populaire et affirme qu’ils « savent que la conquête du pouvoir par la rue leur est désormais impossible. D’où l’idée de perturber l’unité du mouvement démocratique pour s’allier à un pouvoir aux abois qu’ils espèrent ensuite phagocyter à court ou moyen terme ».

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La visite de Bouchachi, Bouregaâ et Benlarbi à Ali Belhadj n'est pas innocente

Saïd Sadi a aussi taclé certains activistes politiques qui se sont rendus chez l’ancien leader du Front islamique du salut (FIS) dissous, Ali Belhadj. Il souligne que « la dernière mise en scène médiatique de ces revenants a eu lieu le jour même de l’anniversaire de la révolution où des hommes politiques ont rendu publique une visite faite à un autre acteur bien identifié dans les affrontements idéologiques qui secouent la scène algérienne depuis toujours.

La rencontre en elle-même ne pose pas problème. Mais le traitement confusionnel qui l’a suivie prête à équivoque ; et en politique, soulignons-le encore, la confusion est toujours la racine des pires dangers ». Saïd Sadi affirme que contrairement à ce qui a été dit, la visite de Bouregaâ, Benlarabi et Bouchachi à Ali Belhadj a une signification politique.

Il indique qu’« on ne décide pas innocemment d’une visite groupée un jour anniversaire d’une révolution pour exprimer une solidarité. Plus grave, on n’impute pas à la révolution ses propres affinités politiques au motif qu’on s’est autoproclamé ''figure du hirak''. Et à ce propos, la presse indépendante gagnerait à être plus mesurée dans l’attribution des titres et satisfecit ».

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Le pouvoir veut récupérer le Hirak

Ainsi, Saïd Sadi s’est d’emblée attaqué à l’instrumentalisation de l’anniversaire du Hirak par le pouvoir en place « Le pouvoir vient de décréter le 22 février Journée nationale pour célébrer l’union qui scellerait l’armée à un peuple criant depuis un an ‘’état civil et non militaire’’ ». En rappelant que « le secrétaire général par intérim du FLN déclare ce 23 février que « le Hirak ne doit pas se structurer », Saïd Sadi s’interroge sur les visées des tentatives de récupération de la révolte par le système et souligne : « On peut multiplier les exemples de lubies énoncées par des affidés ou des apparatchiks d’un système au nom d’une révolution déclenchée contre ce même système ».

Appel au retour aux valeurs démocratiques

Saïd Sadi a conclu sa contribution par un appel à « revenir à ce qui fonde toute démocratie : ses valeurs et principes universels auxquels doit souscrire sans réserve tout compétiteur politique. Cela passe par l’arrêt de l’entretien de postures, d’esquives, de propos ou d’initiatives équivoques qui nourrissent la confusion, poison historique de la vie publique ».

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