Le RCD a réagi à la démission de huit de ses élus à l'APW de Tizi Ouzou, en Kabylie, dans une déclaration publiée la page Facebook de son bureau régional. Il dénonce une "vaine opération de déstabilisation", en précisant que parmi les huit élus en question, trois étaient déjà radiés du parti.

« Ces huit éléments étaient dans une vaine opération de déstabilisation du parti, laquelle, maintenant, est connue de tous (du domaine public) », affirme le texte du RCD, signé par Mouloud Haroun, le président du bureau régional de Tizi Ouzou. Pour le parti de Mohcine Bellabas, « trois (03) de ces individus ont été déjà exclus du RCD conformément à nos statuts et règlement intérieur du parti. Ils ont enfreint les frontières de notre organisation ».

En outre, le RCD dénonce une orchestration dont le timing « coïncide avec le moment où la police politique du régime s'acharne sur le RCD par tous les moyens et à travers tous ses relais ». Allusion aux différentes attaques subies par ce parti, entre autres l'accusation de trafic de drogue et la réclamation de plus d'un milliard de centimes d'impôts.

Le président du BR et celui du groupe APW réagissent

De son côté, le président du groupe RCD à l'APW de Tizi Ouzou, Rabah Aït Aïder, demande à ses camarades démissionnaires de rendre leurs mandats d'élus. « Pour pouvoir rendre leur démission effective, il serait plus honnête et judicieux pour ces élus de remettre, plutôt, leur mandat », a-t-il asséné. Car pour lui, « la démission de ces élus n’a aucun sens étant donné qu’administrativement, ils seront toujours considérés comme des élus sur la liste du RCD ».

Pour rappel, huit élus de ce parti, dont Samira Messouci, ont annoncé, mercredi 26 février, leur démission des rangs du parti, lors d'une session de l'APW de Tizi Ouzou. Cette démission vient confirmer l'existence d'une crise désormais ouverte entre les partis de l'actuel président, Mohcine Bellabas, et ceux de son prédécesseur Saïd Sadi.

La crise a commencé à se faire voir de l'extérieur depuis la démission de deux députés de l'APN, officiellement, pour se mettre au diapason du peuple en révolution. Mais en réalité, c’était pour mettre Mohcine Bellabas dans la difficulté, puisqu’il est également membre de l’APN. Mohcine Bellabas est accusé de régner en dictateur au sein de son parti alors que Saïd Sadi est soupçonné de vouloir "créer un nouveau parti sur le cadavre du RCD". C'est ce que voient les partisans de Bellabas dans l'initiative intitulée "Algérie libre et démocratique ou ALD" lancée par de nombreux militants du RCD, proches de Saïd Sadi et son frère Hend.

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