Le journaliste Khaled Drareni et l'activiste Samir Benlarbi, arrêtés samedi 7 mars en pleine manifestation à Alger, ont comparu ce dimanche 8 mars devant le procureur de la République près le tribunal Sidi M'hamed. À l'issue de leur audition, ce dernier a décidé de la prolongation de leur garde à vue.

Dans un entretien accordé à TSA, Me Noureddine Benissad a fait savoir que Khaled Drareni est poursuivi pour "attroupement et incitation à un attroupement". Deux chefs d'accusation que le mis en cause a rejetés, plaidant n'avoir fait que son métier de journaliste.

Quant à la prolongation de sa garde à vue de 24 heures, Noureddine Benissad, qui est également le président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme, estime que cette décision du procureur de la République est parfaitement légale, mais les faits qui sont reprochés à Drareni sont « injustifiés  ».  « Au regard des faits reprochés à Khaled Drareni et de ses déclarations - notamment le fait qu’il n’a fait que couvrir la manifestation en sa qualité de journaliste- je ne vois pas en quoi la prolongation de la garde à vue puisse apporter un fait nouveau », a-t-il indiqué.

Concernant l'activiste Samir Benlarbi, l'avocat précise qu'il est poursuivi exactement pour les mêmes faits que Khaled Drareni. Lors de son audition, l'activiste a rejeté ces accusations, en clamant n'avoir que participé à une manifestation pacifique, samedi 7 mars, à Alger

L'avocat se dit optimiste quant au dénouement de cette affaire, pour "la simple raison que ses clients n’ont fait que participer à une manifestation pacifique et, donc, exercé un droit fondamental garanti par la Constitution, à savoir le pacte international sur les droits civils et politiques ratifié par l’Algérie et « béni » par le discours officiel". Me Noureddine Benissad juge que "le pouvoir doit assumer sa responsabilité à amorcer des solutions politiques face à la crise. Il doit comprendre que le rôle de la justice est précisément de protéger les libertés".

Détention prolongée de 24 heures ( Mise à jour)

Le procureur de la République près le tribunal de Sidi M'hamed a décidé de prolonger de 24 heures encore la garde à vue du journaliste Khaled Drareni, de l'activiste Samir Benlarbi, de Lyes Hamitouche et de l’ancien policier Toufik Hassaini pour « complément d’enquêtes ».

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