Les fonds algériens détournés par de hauts responsables et placés dans des banques suisses ne font l'objet d’aucune demande de récupération de la part des autorités algériennes auprès du gouvernement helvétique, a indiqué lundi 9 mars le journal suisse Le Temps.

La même source affirme que le gouvernement suisse n’a pas entamé les procédures de blocage des fonds suspects, faute d’une demande officielle des autorités algériennes. Elle explique que « Berne attend toujours une demande d’entraide judiciaire de la part du nouveau pouvoir à Alger ».

Le journal révèle que Abdelaziz Bouteflika était un client des banques helvétiques et que ses comptes personnels, ouverts en Suisse, avaient accéléré sa chute en tant que ministre des Affaires étrangères en 1979. Il rappelle que l’ex-président déchu a longtemps séjourné entre Genève, Paris et Abu Dhabi, avant son retour triomphal à la tête de l’Algérie en 1999.

La même source souligne que le Conseil fédéral, qui a gelé les fonds du président tunisien Ben Ali, ainsi que ceux de l’égyptien Moubarak, et restitué une partie des sommes saisies aux deux pays concernés, n'a pas effectué la même procédure concernant les fonds de responsables algériens. Le journal rappelle que la Suisse s’est dotée de lois législative lui permettant de saisir les fonds suspects appartenant à des responsables politiques étrangers. Ces lois ont comme objectif de sauvegarder la réputation des banques du pays qui contribuent grandement à son économie.

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Les autorités algériennes n'ont effectué aucune démarche pour récupérer l'argent

Ainsi, les autorités algériennes n’ont fait aucune demande pour bloquer ces fonds en vue de les récupérer. Le nouveau président Abdelmadjid Tebboune, qui a pourtant promis de récupérer l’argent dilapidé, ne semble pas pressé d'effectuer ces démarches pourtant facilitées par la législation suisse. Le journal cite notamment l’avocat algéro-suisse Lachemi Belhocine qui a récemment affirmé que « l’Algérie n’a pas encore changé en profondeur, les manifestants continuent de réclamer chaque semaine la libération du pays ».

Le journal rappelle que le fondateur de l’Association Algériens sans frontières ne cesse, depuis une année, à se battre juridiquement pour permettre à l’Algérie de récupérer ses fonds sans aucune assistance de part des autorités algériennes qui continuent d’ignorer la question de l’argent détourné et placé dans des banques étrangères.

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