Alors que la guerre médiatique entre l'Algérie et le Maroc fait rage depuis quelques temps, c'est au tour de l’Afrique du Sud d'entrer en conflit avec le royaume chérifien. En effet, le ministère sud-africain des Affaires étrangères a affirmé, dans un communiqué, tout son soutien à l’exercice du peuple sahraoui de son droit à «l’autodétermination». Un message qui n'a pas été du goût des autorités marocaines.

En réaction à un rapport du Maroc traité par les médias marocains, le ministère sud-africain l'a qualifié de « rapport trompeur sur le récent débat de l’Afrique du Sud et du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) sur le territoire occupé du Sahara occidental ».

Ainsi, la délégation sud-africaine a déploré une impasse du processus politique «principalement imputable au Maroc» qu’elle qualifie de «force occupante ». Elle a également rappelé sa position qui « résonne avec la plupart des pays qui ont connu le colonialisme et l’occupation ». Et d'ajouter que « l’approche de l’Afrique du Sud sur le Sahara occidental est guidée par la position de l’Union africaine, qui a toujours soutenu l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », a soutenu le ministère dans son communiqué

L’ambassade du Maroc en Afrique du Sud réagit

L’ambassade du Maroc en Afrique du Sud a aussitôt réagi aux propos de la délégation sud-africaine. Elle a ainsi réfuté «les allégations colportées par le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération (DIRCO) au sujet de l’intégrité territoriale du Maroc». Avant de souligner le « caractère déplacé, erroné et fallacieux de l’argumentaire sud-africain qualifiant le Sahara marocain de "dernière colonie en Afrique" ». En outre, la représentation diplomatique marocaine a affirmé qu'il « s’agit d’une allégation qui s’inscrit complètement en porte à faux avec la réalité ».

Pour rappel, le Maroc a vivement critiqué, à travers son agence officielle (MAP), la position de l’Algérie et ses «gesticulations» lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité tenue le jeudi 9 avril et consacrée à l’examen de la question du Sahara.

En février dernier, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita s’est violemment attaqué à l’Algérie suite à l’épisode de l’ouverture du consulat ivoirien dans la ville occupée de Laâyoune, au Sahara occidental. Le responsable marocain avait usé d’ironie pour s’en prendre à l’Algérie. Quelques jours après, le chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukadoum avait répondu en qualifiant les propos du responsable marocain sur l’Algérie d’« insultants et de diffamatoires ».