La France a décidé d’ouvrir l’accès aux archives relatives aux disparus de la guerre d’Algérie. L’annonce a été faite par le gouvernement français dans un arrêté paru au Journal Officiel du dimanche 12 avril et rapporté par les médias français. Selon les historiens, cette ouverture permettra de savoir davantage sur cette guerre (1954-1962) qui a fait beaucoup de martyrs.

L’arrêté prévoit la libre communication de dossiers sur les disparus de la guerre d’Algérie. Actuellement conservés aux Archives nationales, ces dossiers proviennent de la « commission de sauvegarde des droits et libertés individuels », précise l’arrêté.

Créée en mai 1957 par le président du Conseil Guy Mollet, la commission avait pour mission d’enquêter sur la réalité de la répression militaire et sur l’existence de tortures et de disparitions durant la bataille d’Alger (janvier-septembre 1957).

Une avancée de plus dans le travail de mémoire sur la guerre d’Algérie

Par ailleurs, cette décision est perçue comme un pas important dans le travail de mémoire de la guerre d’Algérie. À ce propos, l’historien Benjamin Stora estime que l’ouverture de ces archives « va permettre d’approfondir la connaissance de cette période car il y a encore beaucoup de mythes sur la guerre d’Algérie », a-t-il déclaré au média français L’Essor.

Néanmoins, le spécialiste de la guerre d’Algérie et de l’Algérie contemporaine relève que «cet arrêté n’ouvre pas la totalité des documents sur les disparus de la guerre d’Algérie». Selon lui, «il n’existe évidemment que très peu d’ordres écrits, notamment pendant la bataille d’Alger (…). C’est d’ailleurs très difficile de chiffrer le nombre des disparus», note Benjamin Stora.

Emmanuel Macron brise le tabou de la guerre d’Algérie

Depuis son élection à la présidence de la France, Emmanuel Macron a montré sa volonté afin de régler le dossier de la responsabilité de la France lors la guerre d’Algérie. En 2018, il avait notamment honoré les harkis algériens ayant servi la France. Il a également reconnu la responsabilité de la France dans la disparition en 1957 du jeune mathématicien Maurice Audin. La même année, Macron s’était engagé à garantir « la libre consultation » des archives des disparus durant la guerre d’Algérie.

Rappelons également qu’en janvier dernier, le président français s’était dit « convaincu » que son pays devait revisiter la mémoire de la guerre d’Algérie pour mettre un terme au « conflit mémoriel » qui « rend la chose très dure en France ». Il avait aussi fait le parallèle entre la guerre d’Algérie et la Shoah. Des propos qui lui ont valu beaucoup de critiques en France, notamment de l’extrême droite française.