La haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a dénoncé les atteintes à la liberté d’expression dont sont victimes les médias en cette période de pandémie de coronavirus. Le porte-parole de l’organisation s’est exprimée, le 24 avril à Genève, lors d’une conférence de presse virtuelle.

Rupert Colville, porte-parole du Haut-commissariat, a déclaré que « la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, est alarmée par les mesures restrictives imposées par plusieurs États à l’encontre des médias indépendants, ainsi que par l’arrestation et l’intimidation de journalistes ».

Michelle Bachelet estime que « ce n’est pas le moment de blâmer le messager. Plutôt que de menacer les journalistes ou d’étouffer les critiques, les États devraient encourager un débat sain sur la pandémie et ses conséquences. Les gens ont le droit de participer aux décisions qui affectent leur vie, et un média indépendant est un moyen essentiel pour cela ».

Arrestations, emprisonnements et disparition de journalistes

L’organisation ajoute que près de 40 journalistes ont été arrêtés ou poursuivis dans la région d'Asie-Pacifique, en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique pour avoir mis en cause la gestion de la pandémie par leurs pays ou le bilan officiel du nombre de cas et de décès. Des journalistes ont disparu et des médias ont été fermés. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme souligne que le nombre réel des violations des droits des médias et d’arrestations est probablement beaucoup plus élevé. L’organisation affirme que « certains États ont utilisé l’apparition du nouveau coronavirus comme prétexte pour restreindre l’information et étouffer les critiques ».

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Michelle Bachelet a tenu à rappeler que « des médias libres sont toujours essentiels, mais nous n’en n’avons jamais eu autant besoin que durant cette pandémie, alors que tant de personnes sont isolées et craignent pour leur santé et leurs moyens d’existence ». Elle souligne que « des reportages crédibles et précis sont une bouée de sauvetage pour nous tous » et que « les journalistes jouent un rôle indispensable dans notre réponse à cette pandémie, mais contrairement aux graves menaces qui pèsent sur d’autres travailleurs essentiels, les menaces qui pèsent sur les journalistes sont tout à fait évitables ». Michelle Bachelet conclut que « la protection des journalistes contre le harcèlement, les menaces, la détention ou la censure contribue à notre sécurité à tous ».

Pour rappel, l’Algérie ne déroge pas à la règle. Plusieurs journalistes sont emprisonnés et des journaux électroniques sont victimes de censures et de blocages depuis le début de la pandémie de coronavirus.

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