A l'instar des autres pays du monde, l'Algérie célèbre, ce dimanche 3 mai, la Journée internationale de la liberté de la presse. Cependant, cette année, l'heure n'est pas à la fête. En plus du coronavirus, la presse ne traverse pas ses meilleurs jours en Algérie. 

En effet, la presse algérienne vit une période difficile. Peut-être la plus dure depuis l'avènement de la liberté d'expression et l'ouverture démocratique dans le pays. Et pour cause : c'est son existence même qui est menacée. Certains journaux ont déjà mis la clé sous la porte. N'ayant pas pu survivre à la crise financière qui les secoue, certains titres ont disparu. Il s'agit notamment du Temps d'Algérie et de Ennahar. D'autres risquent de fermer si leur situation financière ne s'améliore pas.

Le journal ne fait plus recette

Il faut dire que la presse papier est sérieusement prise par la gorge. Un état de fait qui dure depuis plus de quatre à cinq ans. Une grande partie de journaux font de la "résistance". Non seulement, ils ne recrutent plus, mais licencient pour réduire les dépenses. Ils roulent ainsi avec un effectif très réduit. Les signatures en bas des articles ont étrangement disparu aussi. On recourt au remplissage avec des articles "agence" (APS, ndlr).

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Cette situation est dictée, en fait, par la réduction de la publicité. Une réduction induite par la crise financière qui secoue le pays depuis 2014. Année du début de la chute des prix du pétrole. La publicité étatique, distribuée par l'ANEP, se fait depuis au compte-gouttes.

D'autre part, les ventes ont reçu un coup. Les gens n'achètent plus de journaux papiers. C'est un constat. Car on ne lit plus comme avant. Ceci est dû à plusieurs paramètres. Le plus important, peut-être, reste la concurrence du net.

Presse en ligne : chut, on verrouille !

L'évolution du monde virtuel a permis la création et le développement de la presse en ligne en Algérie. Force est de constater cependant que ce n'est pas non plus le printemps pour ces journaux. Ils sont souvent malmenés par le pouvoir en place. Lequel, faute de pouvoir les contrôler, use du plan B : le verrouillage et la censure. Combien de titres ont disparu ? Rien que pour ces quelques derniers jours, au moins quatre sites ont été censurés. Il s'agit, notamment, de Interlignes, Maghreb Emergent et Radio M. Les autres journaux électroniques encore en activité jouent au chat et à la souris avec les autorités pour "échapper" au blocage.

Le journaliste, ce ciseleur de "maux"

Il faut rappeler, en outre, que des journalistes croupissent encore en prison, comme Khaled Drareni. Ceux qui sont en "liberté" n'y arrivent plus financièrement. Le métier qu'ils exercent ne fait plus vivre en Algérie. Malgré tout, le journalisme se maintient contre vents et marées. On l'exerce par amour. Et en reconnaissance pour tous ceux qui se sont sacrifiés pour la liberté de la presse en Algérie.