Quand la presse marocaine accuse l'Algérie d’espionnage

L'accusation est suivie d'une large campagne médiatique relayée par la presse arabophone marocaine. L’Algérie est soupçonnée de mener une vaste opération d’espionnage téléphonique ciblant des citoyens marocains de la région frontalière de Oujda. La rumeur dit que l'opération serait menée à partir d’un centre d'écoute high-tech de la base militaire de Mers El Kébir, à Oran, dans l’Ouest algérien.

Les médias marocains, qui ne précisent pas l’ampleur de cette opération, prétendent que l’Algérie a espionné les téléphones cellulaires de plusieurs ressortissants marocains. L’Algérie aurait utilisé un centre d'écoute électronique, équipé d'un matériel de haute technologie, donnant accès au contenu des téléphones portables.

Le logiciel espion utilisé serait en mesure d’extraire à distance et secrètement des informations précieuses depuis des appareils mobiles, en partageant toutes les activités téléphoniques - y compris les communications et les données de localisation - avec l'attaquant, indique-t-on.

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« Il y a une possibilité d'exagération technologique dans les équipements qui ont été amenés dans cette base militaire à l'ouest de l’Algérie. Le but pourrait être la provocation du Maroc, d'autant plus que l'installation des appareils a défié un avertissement français », rapporte le journal marocain El Ousboue El Sahafi, citant un responsable sécuritaire.

Le Maroc a tenté d'espionner de hauts responsables algériens

Selon un spécialiste interrogé par Observ’Algérie, ces nouvelles accusations contre l’Algérie s’inscrivent dans le cadre de la guerre médiatique qui fait rage entre les deux pays. « Une simple opération d’espionnage coûte des frais colossaux et aucun gouvernement ne peut se permettre d’engager de tels moyens pour surveiller de simples citoyens », a-t-il expliqué.

A rappeler qu’en 2017, une affaire d’espionnage marocain visant de hauts responsables algériens a éclaté au grand jour en France et a fait un grand bruit dans les deux pays du Maghreb. Selon le quotidien français Libération, qui a rapporté l’information, les responsables ciblés étaient deux ministres algériens en exercice au moment des faits : Hamid Grine, ministre de la Communication, et Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur. L’opération aurait visé également l’ancien ministre de l’Intérieur sous Bouteflika, Noureddine Yazid Zerhouni.


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