Depuis trois jours, des dizaines d’individus d’origine maghrébine et tchétchène s'affrontent à coups d’armes blanches et de barres de fer à Dijon, dans le centre-est de la France. Depuis vendredi 12 juin au soir,  les deux communautés maghrébine et tchétchène s’opposent violemment. Selon certaines sources, il s’agit d’une expédition punitive de la communauté tchétchène destinée à venger l’agression d’un des leurs, un adolescent de 16 ans. Il y a eu, au moins, une dizaine de blessés. La police a ouvert une enquête.

Selon le procureur de la République de Dijon, Eric Mathais, « ce sont apparemment des membres de la communauté tchétchène qui ont appelé sur les réseaux sociaux, à partir de vendredi, à venger des violences commises sur un jeune par des personnes issues de la communauté maghrébine ». Dans la nuit de vendredi à samedi, une centaine d’hommes tchétchènes, munis de couteaux, de battes de base-ball ou encore de barres de fer, ont ciblé un bar à chicha de la ville.

Les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser la foule à l’aide de gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes ont été blessées, « dont certaines sérieusement ». Des incidents ont éclaté dans le quartier des Grésilles durant la nuit suivante. Un homme d’une quarantaine d’années a été grièvement blessé par balles. Ce fut encore le cas dimanche soir, notamment lorsqu’une voiture a foncé sur une foule.

Eric Mathais dénonce une « dérive communautaire et communautariste ». « Il s’agit d’une dérive communautariste et raciste, avec une expédition punitive de Tchétchènes, une vengeance sur des membres de la communauté maghrébine, qui auraient agressé un jeune homme, peut-être dans le cadre d’une affaire de trafic de drogues. Cette expédition punitive n’a, à aucun moment, ciblé les forces de l’ordre », a indiqué le procureur de la République de Dijon.

Le ministère français de l'Intérieur, Christophe Castaner, a jugé « inadmissibles » les « violents troubles à l'ordre public et les actes d'intimidation » de ces derniers jours, promettant « une réponse ferme ». Le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez s'est rendu à la préfecture de police de Dijon mardi matin, à dix heures. Une enquête a été ouverte et confiée la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Dijon et à la Sûreté départementale.

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