Les services de sécurité de la wilaya d’Oum El Bouaghi, dans l’est de l’Algérie, ont arrêté deux femmes dans un appartement dédié à la pratique de l’avortement clandestin. Les deux prévenues seront jugées pour leur implication présumée dans la pratique courante d'avortements illégaux, rapporte, ce mercredi 24 juin, le quotidien arabophone El Bilad.

Selon la même source, les services de sécurité ont ouvert une enquête après avoir reçu des plaintes sur une clinique clandestine pratiquant l’avortement illégal dans la localité de Aïn El Beida. Lors de la perquisition de l’appartement, deux femmes, âgées de 60 et 20 ans, ont été interpellées. Du matériel médical et des médicaments ont été également saisis.

Pour rappel, l’Algérie s’était engagée en 2017 dans un profond débat sur l’assouplissement de sa législation face au fléau des avortements clandestins pratiqués dans des conditions sanitaires parfois désastreuses. Néanmoins, le pays prohibe toujours cette pratique qui est aussi réprouvée par la religion musulmane.

L'avortement illégal sévèrement puni par la loi en Algérie

L’article 82 du projet de la loi relatif à la santé dispose que l’interruption volontaire de grossesse est envisagée « lorsque l’équilibre physiologique ou psychologique et mental » de la mère est gravement menacé. A ce moment-là, le ou les médecins spécialistes concernés, « en accord avec le médecin traitant, doi(ven)t informer la mère et entreprendre avec son consentement, toute mesure médicale thérapeutique dictée par les circonstances ».

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Toutefois, cet article, promulgué en 2018, n’est pas très explicite, notamment concernant « l’atteinte à l’équilibre physiologique ou psychologique et mental ». Dans le cas d’un avortement illégal, la législation punit sévèrement les coupables. En effet, l’article 304 du Code pénal dispose que « quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen, a procuré ou tenté de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte, qu’elle y ait consenti ou non, est puni d’un emprisonnement d’un (1) an à cinq (5) ans et d’une amende de cinq cents (500) à dix mille (10.000) DA ».

Selon le même article, si la mort en est résultée, une peine de réclusion de dix à vingt ans est appliquée contre les coupables. Ces derniers peuvent, en outre, « être interdits de séjour ».

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