Ils n’avaient pas pu se marier à Béziers en juillet 2023. Trois ans plus tard, Eva et Mustapha ont finalement célébré leur union en Algérie. Le couple franco-algérien s’est marié le 14 juillet 2026 à Bir El Djir, dans la wilaya d’Oran, selon BFMTV. Un mois plus tard, le 24 août, leur acte de mariage a été transcrit sur les registres de l’état civil français.
L’histoire avait commencé le 7 juillet 2023 à l’hôtel de ville de Béziers. Eva, Française, devait épouser Mustapha, un ressortissant algérien alors visé par une obligation de quitter le territoire français, une OQTF.
Le maire de Béziers, Robert Ménard, avait refusé de célébrer l’union. Il disait soupçonner un « mariage blanc ». Pourtant, le parquet de Béziers ne s’était pas opposé au mariage. Le 16 juin 2023, il avait estimé qu’il n’existait pas suffisamment d’éléments sérieux permettant de présumer une absence de consentement matrimonial.
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Treize jours après le mariage refusé, Mustapha est expulsé
L’affaire avait rapidement dépassé le cadre d’un simple dossier d’état civil. Treize jours après la cérémonie qui n’avait finalement pas eu lieu, Mustapha avait été expulsé vers l’Algérie. Il avait été placé en centre de rétention administrative avant son éloignement, le 20 juillet 2023.
Eva était restée en France. Mustapha, lui, se trouvait désormais en Algérie. Le couple a donc vécu séparé pendant plusieurs années. Leur situation avait pris une forte dimension publique. Robert Ménard avait justifié son refus par la situation administrative de Mustapha et par ses doutes sur la sincérité du mariage. Or, en droit français, le séjour irrégulier d’un étranger ne suffit pas, à lui seul, à empêcher un mariage. La décision de former opposition à une union revient au parquet lorsqu’il existe des éléments permettant de soupçonner une fraude.
Trois ans plus tard, le mariage est célébré près d’Oran
Cet été, l’histoire a pris une autre direction. Eva et Mustapha se sont mariés à Bir El Djir, près d’Oran, le 14 juillet. L’union célébrée en Algérie a ensuite été transcrite dans l’état civil français le 24 août, selon les informations de BFMTV.
Cette transcription est essentielle : elle permet au mariage célébré à l’étranger d’être reconnu par l’administration française. Le couple a donc finalement obtenu, en Algérie, l’union qu’il n’avait pas pu célébrer trois ans plus tôt à Béziers.
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Robert Ménard doit comparaître devant la justice
Le volet judiciaire, lui, reste ouvert. Robert Ménard doit comparaître le 30 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour son refus de célébrer le mariage en 2023. Le Monde confirme que cette procédure porte sur le fait d’avoir refusé d’exécuter ses obligations d’officier d’état civil alors que le parquet n’avait pas fait opposition au mariage.
L’affaire sera donc examinée par la justice quelques semaines seulement après la reconnaissance en France du mariage finalement célébré en Algérie. Pour les Algériens de la diaspora, ce dossier illustre une question juridique sensible : une OQTF n’annule pas, à elle seule, le droit de se marier en France.
Trois ans après le refus de Béziers, la chronologie s’est donc inversée : Mustapha avait été renvoyé en Algérie après une cérémonie empêchée en France. C’est finalement en Algérie qu’il a pu épouser Eva, avant que leur mariage ne soit reconnu par l’état civil français.
