Les services de sécurité de la wilaya d’Alger ont procédé à l’arrestation d’une femme accusée de vente de médicaments destinés à l'avortement illégal. La mise en cause activait notamment sur les réseaux sociaux où elle propose ses services à ses clients. La femme a été placée en garde à vue, indique ce mardi 30 juillet, la chaîne arabophone El Djazaïria.

Selon la même source, la mise en cause utilisait une page sur facebook pour entrer en contact avec ses clients. Elle proposait des médicaments « CYTOTEC (misoprostol) » contre indiqué tout au long de la grossesse. En effet, la prise de ce médicament peut induire des avortements, des malformations, des morts fœtales et des naissances prématurées.

La femme a été arrêtée et présentée devant la justice. Elle a été mis sous mandat de dépôt en attente de son procès.

Pour rappel, la semaine dernière, les services de sécurité de la wilaya d’Oum El Bouaghi, dans l’est de l’Algérie, ont arrêté deux femmes dans un appartement dédié à la pratique de l’avortement clandestin. Les deux prévenues seront jugées pour leur implication présumée dans la pratique courante d’avortements illégaux.

Les services de sécurité ont ouvert une enquête après avoir reçu des plaintes sur une clinique clandestine pratiquant l’avortement illégal dans la localité de Aïn El Beïda. Lors de la perquisition de l’appartement, deux femmes, âgées de 60 et 20 ans, ont été interpellées. Du matériel médical et des médicaments ont été également saisis.

A noter que l’Algérie est parmi les pays qui punissent sévèrement la pratique de l’avortement illégal. L’article 82 du projet de la loi relatif à la santé dispose que l’interruption volontaire de grossesse est envisagée « lorsque l’équilibre physiologique ou psychologique et mental » de la mère est gravement menacé.

A ce moment-là, le ou les médecins spécialistes concernés, « en accord avec le médecin traitant, doi(ven)t informer la mère et entreprendre avec son consentement, toute mesure médicale thérapeutique dictée par les circonstances ». Toutefois, cet article, promulgué en 2018, n’est pas très explicite, notamment concernant « l’atteinte à l’équilibre physiologique ou psychologique et mental ».

Dans le cas d’un avortement illégal, la législation punit sévèrement les coupables. En effet, l’article 304 du Code pénal dispose que « quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen, a procuré ou tenté de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte, qu’elle y ait consenti ou non, est puni d’un emprisonnement d’un (1) an à cinq (5) ans et d’une amende de cinq cents (500) à dix mille (10.000) DA ».

Selon le même article, si la mort en est résulté, une peine de réclusion de dix à vingt ans est appliquée contre les coupables. Ces derniers peuvent, en outre, « être interdits de séjour ».

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