Algérie : Les avocats d'Ouyahia et Sellal qualifient le procès de « règlement de comptes »

Les avocats d'Ahmed Ouyahia et de Abdelmalek Sellal clament l’innocence de leur clients dans l'affaire Cima Motors et dénoncent leur jugement trois fois pour les mêmes faits. La défense qualifie le procès de leurs mandants de "règlement de comptes" et de "procès politique". 

Le procès pour corruption de Mahieddine Tahkout s'est déroulé samedi 11 juillet au tribunal de Sidi M'hamed (Alger). Les deux anciens ministres, cités dans cette affaire, étaient absents pour des raisons de santé. Ils ont été représentés par leurs avocats respectifs.

D'emblée, l'avocat d'Ahmed Ouyahia rappelle au juge que son mandant est jugé une troisième fois "pour les mêmes faits". L'avocat explique que l'ordonnance accuse Ouyahia de s’être entendu avec Abdeslam Bouchouareb, l’ex-ministre de l’Industrie, "pour faire sa correspondance relative à la liste des opérateurs". Or, Bouchouareb n'était plus ministre lorsque Ouyahia avait été nommé à la tête de l’exécutif. "Nous sommes devant un procès politique, un règlement de comptes", a-t-il dénoncé.

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Deux ex-Premiers ministres pour un procès d'une "grande importance"

Aussi, l'avocat souligne qu'Ahmed Ouyahia n'était pas chef du gouvernement lorsque Tahkout avait obtenu son agrément. Selon la défense, le juge s'est basé sur les mêmes faits, les mêmes documents sur la base desquels Ouyahia a été jugé en mars dernier. "Il a sacrifié sa vie privée. Sa politique est toujours maintenue. Rien de nouveau n’a été entrepris. Par son incarcération, l’Algérie perd un véritable homme d’Etat. Viendra le jour où cette affaire sera sur la place publique, et l’histoire le réhabilitera", a déclare la défense.

Quant à Abdelmalek Sellal, il est accusé d'avoir donné, en sa qualité de président du Conseil national d'investissement (CNI), l'agrément à Cima Motors. La défense rappelle que l'ex-Premier ministre a établi cet agrément sur la base d'un cahier des charges considéré comme "illégal". Cependant, selon les avocats, Renault avait bénéficié des mêmes avantages de ce même cahier des charges, mais "n’a pas été inquiété".

Les avocats de la défense estiment que la justice a ramené deux ex-Premiers ministres pour donner à l'affaire "une grande importance". Par ailleurs, ils se demandent pourquoi violer la loi qui dispose qu'un citoyen ne peut être poursuivi plusieurs fois pour les mêmes faits. "On jette les deux Premiers ministres en pâture et on donne une piètre image du pays", ont-ils déploré.

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