L’ancien directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) Abdelghani Hamel a porté de graves accusations contre Said Bouteflika, frère et conseiller du président déchu ainsi que l’ancien commandant de la gendarmerie nationale, le général Ghali Beleksir. Selon ses propos, Saïd Bouteflika ne « l’aime pas » et qu’il l’a limogé « par téléphone » et mis à la retraite pendant que le Président était malade. Il accuse également le général Beleksir d’être derrière ce qu’il a qualifié de « cabale » contre lui et sa famille.

Lors de son procès ouvert depuis mercredi, l’ancien DGSN, poursuivi dans des affaires de corruption, dont « le blanchiment d'argent », « l’enrichissement illicite », « le trafic d'influence » et « l’obtention d’assiettes foncières par des moyens illicites », a fait des révélations inédites.

Abdelghani Hamel a confié au juge de la chambre pénale près la cour d’Alger que « Saïd Bouteflika ne m’aimait pas. C’est lui qui m’a limogé en 2018 et m’a mis à la retraite, alors que le Président était malade. Ce sont des décisions anticonstitutionnelles ». L’ex DGSN ajoute : « lorsque j’ai essayé de comprendre, il m’a demandé de faire un recours. Mais j’ai refusé ».

Concernant l’ancien commandant de la gendarmerie nationale, le général Ghali Beleksir, Abdelghani Hamel explique que c’est lui « et ses éléments qui sont derrière cette cabale. Je vais vous dire ce que je n’ai pas osé dire…Parce que la Présidence m’a demandé de faire une enquête sur son fils qui devait se marier avec la fille du frère du Président. On lui a dit que la Présidence a ouvert une enquête sur ses enfants à Annaba, il l’a très mal pris », a-t-il soutenu.

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Le procureur général requit le durcissement des peines

Par ailleurs, le procureur général près la Cour d’Alger a requis le durcissement des peines contre Abdelghani Hamel et ses coaccusés. Le Procureur général a déclaré dans son réquisitoire que « tous les éléments constitutifs du crime étant établis dans le dossier en l’espèce »,

Rappelons que le tribunal de Sidi M’hamed à Alger avait prononcé, le 1er avril dernier, une peine de quinze (15) ans de prison ferme contre l’ancien DGSN Abdelghani Hamel, et une amende de 8 millions de dinars algériens (DA). Son fils Amiar Hamel avait écopé d’une peine de dix (10) ans de prison ferme et d’une amende de six (6) millions de DA. Son fils Chafik avait lui été condamné à huit (8) ans de prison ferme et à une amende de 5 millions de DA et son fils Mourad à sept (7) ans de prison ferme et à une amende de 5 millions de DA.

Sa fille Chahinaz avait, elle, été condamnée à trois (3) ans de prison ferme et à une amende de 5 millions de DA. L’épouse de l’ancien DGSN, Annani Salima, avait, quant à elle, écopé de deux (2) ans de prison ferme et d’une amende d’un million de DA.

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Dans la même affaire, le tribunal de Sidi M’hamed avait condamné les deux anciens ministres, Abdelmalek Boudiaf et Abdelghani Zaalane, en leur qualité d'anciens walis d'Oran, à trois ans d'emprisonnement ferme et à une amende d'un million de DA. Ce procès se poursuivra lundi prochain, a indiqué le tribunal.

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