L'ancien président français Nicolas Sarkozy est revenu, dans le premier tome de son dernier livre « Le Temps des Tempêtes », écrit pendant le confinement et édité le 24 juillet dernier, sur ses relations avec les présidents africains. Nicolas Sarkozy, qui a raconté ses 18 premiers mois à l'Elysée, a notamment dressé le portrait du président algérien déchu, Abdelaziz Bouteflika.

Nicolas Sarkozy, qui a évoqué dans son ouvrage les relations de la France avec l'Afrique ainsi que ses rencontres avec les présidents africains, a donné son avis sur Abdelaziz Bouteflika. L'ex-président français a affirmé que les rencontres avec Bouteflika duraient longtemps. Il révèle que "converser avec lui (Bouteflika, NDLR) prenait du temps. L’unité de mesure, c’était trois heures. Si une réunion durait moins, on pouvait considérer qu’elle avait été écourtée".

Sarkozy souligne son malaise pendant les entrevues : "Un détail me gênait. Il ne voulait pas converser en face-à-face. Nous étions toujours assis côte à côte. Il fallait constamment tourner la tête pour se regarder. Je quittais souvent la résidence où il me recevait, avec un fameux torticolis", a-t-il écrit.

L’inévitable guerre de libération

Nicholas Sarkozy a également révélé que, lors de ses entretiens avec Bouteflika, la guerre de libération algérienne était le sujet inévitable. Il relate qu'il devait "accepter que la première heure (et c’était un minimum) fût consacrée à ce qu’il appelait « la guerre de libération »". Sarkozy indique que pendant ces entrevues, "il s’ensuivait un cortège de reproches sur les injustices et les atrocités auxquelles tout ceci avait donné lieu […]".

Bouteflika reprochait aussi à l'ex-président français sa préférence pour le Maroc. Sarkozy témoigne : "Je dus également me justifier de ce qu’il appelait mon tropisme marocain". Il explique : "Je m’en défendis avec vigueur même si, intérieurement, je me disais : « Au moins, quand je suis à Rabat, le roi ne me reproche pas le protectorat ! »".

Sarkozy encense Mohammed VI

Dans le même livre, Nicolas Sarkozy a encensé le souverain marocain Mohammed VI. Il écrit notamment que "le Maroc a bien de la chance de disposer d’un souverain de cette qualité". Il qualifie Mohammed VI d’"un homme d’une grande intelligence, très francophile et d’une gentillesse qui ne se dément jamais". Sarkozy ajoute que le roi marocain rassemble, à lui seul, "l’autorité de son père Hassan II", la "modernité de son âge" et "l’humanité de son tempérament".

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