Le fils de l'ancien chef de l'Etat algérien Mohamed Boudiaf assassiné le 29 juin 1992 réclame la réouverture du dossier de l’assassinat de son père. Nacer Boudiaf a adressé une lettre ouverte au chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune, ce mercredi 5 août, le sollicitant pour la réouverture du dossier de l'assassinat de son père à la lumière de nouveaux éléments apparus.

Nacer Boudiaf rappelle que « cela fait 28 ans que Mohamed Boudiaf, alors président du Haut Comité d'État, d'une Algérie en tourmente, est tombé lâchement assassiné ». Il indique qu'à l'époque « la justice avait considéré cet assassinat comme un «acte isolé» que personne n'a cru ». Le fils du président assassiné souligne qu' « après avoir déposé une lettre au ministère de la Justice le mois d'octobre dernier, demandant la réouverture du dossier, une lettre qui n'a pas eu de réponse de la part du ministre Zeghmati, ne serait-ce que par politesse ».

Il explique donc sa démarche malgré son scepticisme quant au travail de la justice algérienne "Aujourd'hui, je m'adresse à vous à plusieurs titres. Je m'adresse à vous en tant que premier magistrat du pays. L'assassinat de Boudiaf n'est pas un mystère. Ce n'est qu'une affaire d'injustice. Suis-je encore naïf pour croire en la justice chez nous, une justice qui mettra fin au mystère ?"

Nacer Boudiaf, s'adressant à Abdelmadjid Tebboune, explique que l'affaire a connu de nouveaux rebondissements. Il écrit : "Je m'adresse à vous, alors que vous étiez ministre délégué, sous la présidence de Boudiaf. Mais la vérité est que l'écrasante majorité des Algériens avait compris, dès l'instant de l'assassinat, l'enjeu du crime abject pour ceux qui ont cru en bénéficier. Les assassins sont identifiés. Aujourd'hui, de nouveaux éléments sont apparus".

Les nouveaux éléments

Nacer Boudiaf énumère les nouveaux éléments dans sa lettre. Il s'agit du "témoignage de la directrice du journal El Fadjr, madame Hadda Hazem, qui nous apprend que des responsables des médias étaient au courant de l'assassinat du Président quelques heures avant le drame ! Hadda Hazem, qui travaillait à l'époque au journal El Massa, rapporte que son ancien rédacteur en chef, le sieur Mokkadem El Hocine, est rentré au journal vers les coups de 9 heures du matin à la rédaction et a déclaré aux collègues « Aujourd'hui, il vont buter Boudiaf à Annaba ».

Nacer Boudiaf rappelle aussi que "le deuxième témoignage est celui de l'ex-chef de bureau du journal Le Soir d'Algérie, monsieur Omar Touati, qui vient de publier un livre qui s'intitule J'accuse où il remet en cause la version officielle que ce n'est pas Boumaârafi qui a tué Boudiaf.

Il conclut en ce qui concerne ces nouveaux éléments par "la déclaration de l'ancien ambassadeur de France en Algérie, Monsieur Bajolet, qui a déclaré au journal El Watan : «Nous regrettons de ne pas avoir donné de chance à Boudiaf »".

Nacer Boudiaf affirme que "ces révélations ne laissent plus de doute, je vous demande la réouverture de ce dossier, vu ces fracassantes nouvelles. Un refus sera considéré comme une injustice envers notre famille et envers les Algériens. La considération pour Mohamed Boudiaf ne sera mesurée que par la promptitude de la justice algérienne à réparer cette ignoble injustice qui a trop longtemps duré".

Il conclut que "seule la réouverture du procès de son assassinat exprimera les réelles intentions du pouvoir en matière de justice, et prouvera au monde extérieur que nous n'avons pas besoin d'une justice venue d'ailleurs pour mettre fin à l'impunité du lâche assassinat de Mohamed Boudiaf"

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