Saïd Bouteflika, frère et ex-conseiller du président déchu Abdelaziz Bouteflika, est gravement accusé dans le dossier de l'instrumentalisation de la justice par l'ex-grade des sceaux Tayeb Louh. Saïd Bouteflika est accusé de « trafic d’influence », « entrave à la justice », « incitation à la partialité » ainsi que « faux en écriture officielle et trafic d’influence », rapporte le quotidien El Watan, ce lundi 24 août.

Ainsi, selon la même source, Saïd Bouteflika a été auditionné par les magistrats conseillers près la Cour suprême à la prison militaire de Blida. Le frère de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika a été cité par l’ex-ministre de la Justice, Tayeb Louh, devant les magistrats conseillers de la 5e chambre près la Cour suprême. Tayeb Louh a révélé qu'il avait agi sous les ordres du conseiller du président.

Saïd Bouteflika, qui purge une peine de 15 ans à la prison militaire de Blida, a nié toutes les accusations portées contre lui, dans le cadre de l’affaire Tayeb Louh. Contrairement à son attitude pendant son procès en première instance devant la Cour militaire d’appel de Blida, où il a gardé le silence, Saïd Bouteflika a affirmé, selon la même source, qu'il n'avait joué aucun rôle dans dans le cadre de l’affaire Tayeb Louh. Une affaire qui concerne l’instrumentalisation de la justice et son orientation en faveur de l'oligarchie proche du cercle présidentiel de l’époque.

Tayeb Louh est également accusé, avec Saïd Bouteflika, d'avoir joué un rôle dans la fraude électorale lors des élections législatives de 2017. Les deux hommes sont accusés d’avoir donné des « instructions » aux magistrats qui présidaient les commissions électorales, afin de changer les résultats des élections.

Saïd Bouteflika omniprésent dans les affaires de corruption

Il faut rappeler que Saïd Bouteflika a été cité dans plusieurs affaires de corruption depuis de début de la « campagne de lutte contre la corruption ». Son nom revient tel un leitmotiv dans la bouche des anciens responsables politiques et hommes d’affaires accusés dans de gros dossiers de corruption. L’ancien conseiller à la présidence a été condamné à 15 ans de prison ferme par le tribunal militaire de Blida pour « complot contre l’armée ».

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