L’Algérie semble décidée à traquer les fonds détournés à l’étranger par d’anciens responsables. D'ailleurs, la justice algérienne a demandé l’aide de la justice française afin d’établir le patrimoine réel d’une dizaine de ressortissants algériens. Il s’agit de personnalités liées au régime de Bouteflika ayant acquis des biens en France. Quelles sont donc ces personnalités visées par la procédure ?  

Bien que les noms des personnes visées par la justice algérienne n’aient pas été révélés, le quotidien francophone El Watan, dans son édition de samedi 29 août, cite quatre anciens dirigeants proches du président déchu, Abdelaziz Bouteflika.

Le premier n'est autre que l’ancien ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, actuellement en fuite. Ce dernier aurait acquis, en 2006, alors qu’il était député RND, deux lots au 1er étage d’une surface de 156 m2 dans un quartier prisé de Paris, pour 1 180 000 euros. Le bien immobilier du ministre est évalué à plus de trois millions d’euros, selon notre source.

L’autre nom qui pourrait être cité est celui de Rym Sellal, la fille de l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, actuellement en prison. En 2007, Rym Sellal aurait acheté un appartement aux Champs-Elysées pour la modique somme de 860 000 euros.

L’ancien secrétaire général du FLN et ex-président de l’APN, Amar Saâdani, aurait lui aussi acheté un appartement à Neuilly-sur-Seine dans la région parisienne. Cet appartement est occupé par l’une de ses filles, précise la même source.

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Le nom de Hamid Melzi, ex-PDG de la Société d’investissement hôtelier (SIH), est aussi évoqué. Il aurait plusieurs biens dans la capitale française. Selon les statistiques des notaires de Paris, entre 2010 et 2014, « près d’un bien sur dix (appartement ou maison) acquis en Ile-de-France par un étranger l’est par un Algérien ».

Il faut souligner que plusieurs autres anciens responsables et hommes d’affaires sont également visés par cette procédure. L’Algérie voudrait établir, avec l’aide de la justice française, le patrimoine acquis en France par une dizaine de ses ressortissants.

Selon des juristes, il existe deux manières de procéder pour le recouvrement des fonds transférés illégalement à l’étranger. Soit par décision politique, soit par décision judiciaire. Mais il suffit d’avoir une volonté politique pour déclencher une démarche judiciaire.