Lors de son procès, l'ancien député du FLN Baha Eddine Tliba a fait des révélations ahurissantes concernant les élections législatives de 2017. Des déclarations qui semblent avoir sonné le glas de l'Assemblée populaire nationale (APN), dont de nombreuses voix réclament la dissolution. 

Devant le tribunal de Sidi M’damed d'Alger, Baha Eddine Tliba avait fait savoir que les postes de tête de liste aux législatives se vendaient à 7 milliards de centimes. Des déclarations fracassantes qui ont remis en cause le peu de crédibilité qui restait à la chambre basse du Parlement. La classe politique et la population algériennes s’interrogent de nouveau sur la légitimité et l’avenir d'une APN de plus en plus fragilisée.

Il faut dire que depuis des années déjà, les assemblées élues n’avaient jamais vraiment fait l’unanimité parmi les Algériens. Ces assemblées, à majorité FLN, ont toujours été accusées de fraudes électorales, de manipulations et d’abus de pouvoir. Et les récentes déclarations de l’ex-enfant chéri du FLN ont encore creusé le fossé qui sépare les Algériens et "leur" APN.

Allons-nous vers la dissolution de l’APN ?

Les révélations de Tliba ont sidéré les Algériens. Sur les réseaux sociaux, les internautes appellent à la dissolution pure et simple de la chambre basse du Parlement. Ils trouvent « scandaleux » que l’Etat fonctionne avec une APN élue par « l’argent sale ». Même si cette idée de dissolution ne date pas d’hier, les Algériens insistent aujourd’hui plus que jamais sur cette action.

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C'est donc dans ce contexte que le porte-parole du RCD, Athmane Mazouz, a estimé qu’il était temps d’aller vers une constituante qui doit passer, selon lui, par « la dissolution des Assemblées… et le départ de la façade civile du pouvoir ». Pour sa part, le plus ancien parti de l'opposition, le FFS, considère que les déclarations de Tliba ne font que confirmer ce qu’a toujours dénoncé le parti. Quant au PT, il souligne que le procès du même Tliba a révélé les pratiques de corruption qui ont toujours sévi dans les partis du pouvoir.

Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, prendra-t-il la décision de dissoudre l’APN ? Il est encore prématuré de le confirmer. Sachant que le pays est à quelques semaines d’un référendum qui sera soumis auparavant à cette même assemblée. Il est donc trop tôt de parler de la dissolution du Parlement, même si les Algériens sont unanimes à la réclamer.

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