L’une des figures du Hirak, l'avocat et défenseur des droits de l’Homme Mostefa Bouchachi a réagi à l'invitation que lui a adressée Abdelmadjid Tebboune pour débattre de la nouvelle Constitution. Mostefa Bouchachi a décliné cette invitation et explique, dans une lettre au chef de l'Etat datée du 9 septembre, son refus de discuter sur une Constitution qui ne reflète pas la volonté populaire.

L'avocat et figure du Hirak a, d'abord, tenu à remercier Abdelmadjid Tebboune pour l'invitation, mais, selon lui, le moment est mal choisi pour lancer un débat sur la loi fondamentale du pays. Il souligne que l’Algérie s'est habituée à « des Constitutions mises en place par les Présidents qui sont la vitrine du système pour assurer la continuité de ce dernier ».

Mostefa Bouchachi rappelle que cette méthode « n'est pas démocratique ». Il indique que « la Construction de la nouvelle Algérie implique la mise en place d'une nouvelle Constitution par le peuple à travers une assemblée élue, dont le nom n'est pas important ».

La conjoncture n'est pas propice à un débat sur la Constitution

Sur un autre plan, l'avocat signale que le choix de cette conjoncture, marquée par la crise sanitaire, n'est pas adéquat à ce genre de réforme. Il rappelle que tous les gouvernements au monde sont occupés à combattre la Covid-19. Mostefa Bouchachi affirme que la situation actuelle de l'Algérie ne permet pas un véritable débat sur la loi fondamentale du pays et que cette dernière n'est pas une urgence.

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Il rappelle à Abdelmadjid Tebboune que la commission qu'il a installée pour l'élaboration de la mouture de la nouvelle Constitution représente la volonté du système et non celle du peuple. Il explique que cette commission a répondu aux exigences des décideurs sous le couvert de membres présentés comme des "experts".

Motefa Bouchachi a également fait remarquer dans sa lettre que la mouture de la nouvelle Constitution donne des pouvoirs extraordinaires au président de la République et fait de lui « un empereur ». Il explique que la nouvelle loi fondamentale du pays donne toutes les prérogatives au président de la République. Elle lui permet de désigner les responsables sur tous les niveaux. Bouchachi signale que cette Constitution est pleine d’ambiguïtés et ne définit pas le système de gouvernance qui n'est « ni parlementaire, ni présidentiel, ni semi-présidentiel », explique-t-il.

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