Saïd Bouteflika, frère et ancien conseiller du président déchu Abdelaziz Bouteflika, est cité dans une nouvelle affaire de corruption. Il a été auditionné mercredi 9 septembre dans le cadre du lourd dossier des frères Kouninef, propriétaires du groupe KouGC. C’est ce qu’a indiqué, ce samedi 12 septembre, le journal francophone El Watan.

Selon la même source, une commission rogatoire a été envoyée au tribunal militaire par le magistrat conseiller pour auditionner l’ex-conseiller du Président déchu à la prison militaire de Blida, où il purge une peine de 15 ans de réclusion, après avoir été reconnu coupable d’atteinte à l’autorité de l’armée et de l’Etat, en première instance et en appel.

Les enquêteurs ont principalement questionné l’ancien conseiller à la présidence sur sa relation avec l’homme d’affaires Reda Kouninef. Son audition sous-entend l’ouverture d’une information judiciaire liée à cette affaire, dont le procès s’est ouvert et se poursuit au tribunal Sidi M'hamed d’Alger.

Dans le cadre de l’affaire de l’ex-ministre de la Justice, Tayeb Louh, liée à l’instrumentalisation de la justice à travers des pressions exercées sur les magistrats dans le but de donner un autre cours à la procédure judiciaire, des SMS contenus dans des téléphones trouvés par les services de sécurité au domicile de l’ex-ministre ont été adressés par Saïd Bouteflika et concernent les Kouninef.

Selon des sources judiciaires, l’audition de Saïd Bouteflika dans cette affaire à la prison militaire de Blida suscite de nombreuses interrogations. De nombreux avocats se demandent si l’affaire Kouninef aura deux procès : le procès en cours et celui impliquant Saïd Bouteflika et plusieurs ministres et cadres. Ce qui est unique dans les annales de la justice. Il est aussi probable que ce dossier donne lieu à une enquête complémentaire, à la lumière des nouveaux éléments.

Il faut rappeler que les trois frères Kouninef, Reda, Karim et Tarik, ainsi que leur sœur, qui se trouve en fuite à l’étranger, sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment le blanchiment d’argent, le trafic d’influence, l’obtention d’indus avantages, le détournement de foncier et de concessions, et le non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics.