Le député algérien de la diaspora Samir Chaâbna s’est exprimé pour la première fois, dans un entretien accordé à la chaîne arabophone « El Hayat », sur son refus de renoncer à sa nationalité française pour pouvoir prendre ses fonctions de ministre délégué en Algérie. Il justifie sa décision par la lenteur de la procédure administrative en France quand il s’agit de renoncer à la nationalité.

Le député de la diaspora explique, en effet, que « les procédures judiciaires en France sont lentes et lourdes quand il s’agit de renoncer à la nationalité. Car le demandeur est soumis pendant plusieurs jours à un interrogatoire approfondi ». D’après l’ancien journaliste de l’ENTV, la procédure « prend près de neuf mois à expliquer les raisons m’ayant poussé à renoncer à la nationalité française. Donc, je ne voulais pas faire les va-et-vient entre Paris et Alger en étant ministre pour expliquer, lors de séances au tribunal de Marseille, les raisons de ma renonciation à la nationalité française ».

Il faut rappeler qu’en juin dernier, le député de la diaspora avait suscité une grande polémique en Algérie et en dehors du pays, après avoir refusé de se soumettre à la disposition prévue par la loi n° 17-01 du 10 janvier 2017, fixant la liste des hautes responsabilités de l’Etat et des fonctions politiques, dont l’accès requiert la nationalité algérienne exclusive.

A peine Samir Chaâbna a été nommé ministre délégué chargé de la communauté nationale à l’étranger que la présidence de la République a annulé cette décision, car le concerné a refusé de renoncer à sa nationalité française pour pouvoir prendre ses fonctions au ministère.

Les autorités algériennes avaient été, d'ailleurs, vivement critiquées pour avoir nommé à un tel poste de responsabilité une personne qui détenait la nationalité française. Alors que la Constitution algérienne interdit, depuis 2016, aux binationaux d’occuper certaines hautes fonctions de l’Etat.