Le nouveau secrétaire général du FLN, Abou El Fadhel Baadji, semble vouloir surfer sur la vague qui cible la langue amazighe ces derniers temps. Selon le quotidien Le Soir d'Algérie, il aurait ordonné d'enlever toutes les affiches transcrites en tamazight pour ne laisser que celles écrites en arabe et en français.

Selon ce média algérien, les sources internes qui ont rapporté l'information disent ne pas comprendre cette décision du nouveau patron de l'ex-parti unique. Elles rappellent pour cela que les deux ex-patrons de leur parti n'ont pas osé s'attaquer à la langue amazighe, constitutionnalisée désormais comme nationale et officielle.

Il faut dire que ce nouvel assaut contre tamazight en Algérie intervient après ceux lancés par des individus se présentant comme des universitaires. Ces derniers ont tenté de convaincre les autorités, dont le chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune, de supprimer tamazight de la nouvelle mouture de la Constitution. Certains d'entre eux sont intervenus sur les plateaux TV pour exprimer toute leur haine pour cette langue ancestrale.

Cela intervient également après une sortie controversée du chef du parti islamiste El Binaa, Abdelkader Bengrina. L'ex-candidat à la présidentielle contestée du 12 décembre 2019 a affirmé, le 10 septembre, que tamazight était un héritage du régime de Abdelaziz Bouteflika.

D'aucuns se demandent pourquoi tamazight cristallise subitement toute cette hostilité. Si des observateurs pensent que cela participe à la promotion de la haine du Kabyle et de la Kabylie, d'autres estiment que cet intérêt soudain à tamazight n'est qu'une diversion. Les auteurs de ces attaques contre la langue berbère pensent visiblement occuper les esprits avec cette question sensible pour détourner leur regard des enjeux véritables de la démarche référendaire du système.