Les cafés littéraires et les activités culturelles semblent illicites aux yeux des décideurs qui persistent à interdire tout événement rassembleur à caractère culturel. Cette fois-ci, la police a interdit la tenue de deux journées culturelles que devait organiser le Café littéraire de Tichy le week-end dernier, en collaboration avec le Congrès mondial amazigh (CMA). Les policiers ont également procédé à l'interpellation de cinq militants associatifs. Suite à cette décision perçue comme abusive, plusieurs cafés littéraires ont tenu à exprimer leur mécontentement. 

Dans un communiqué, le Café littéraire de Tichy, en Kabylie, a fait savoir que le pouvoir avait déployé un important effectif des services de sécurité pour interpeller cinq militants associatifs et interdire la rencontre culturelle. C'est jeudi 17 septembre, précise le communiqué, que les autorités avaient dépêché des policiers à la bibliothèque communale pour interpeller des militants et annoncer l'interdiction de la rencontre culturelle, prévue vendredi 18 et samedi 19 septembre.

Ainsi, le Café littéraire de Tichy tient à dénoncer énergiquement l'interdiction de sa manifestation « pourtant autorisée par l’APC ». Il voit dans cette décision un renouveau des pratiques répressives qu'il a qualifiées de « stalinienne ». Il dénonce, par ailleurs, le fait que les activités d'ordre politique et religieux soient « autorisées, encadrées, subventionnées et même sécurisées », et pas les manifestations culturelles.

Le Café littéraire de Bejaïa condamne aussi l'arrestation des organisateurs de l'événement et a dénoncé avec force « cette intolérable interdiction ». En outre, il estime que les autorités sont « en train de faire main basse sur des établissements culturels, qui, rappelle-t-il, sont un bien du peuple ». Le Café littéraire d'Aokas partage le même avis et dénonce l'acharnement policier à l'égard de la culture et du savoir. C'est dans ce contexte qu'il appelle les citoyens à « se mobiliser pacifiquement » afin de faire face à ce qu'ils qualifient de provocations du pouvoir.