Le procès de la dénommée Nachinache Zoulikha-Chafika, dite « Maya », s’est poursuivi vendredi 9 octobre au tribunal de Cheraga (Alger). Cette sordide affaire ne cesse de faire des révélations étonnantes qui défrayent la chronique médiatico-judiciaire en Algérie.

L'affaire « madame Maya », présentée ou considérée comme la fille cachée de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, continue de révéler des secrets. La principale accusée, Zoulikha-Chafika, a indiqué, en réponse à une question sur la nature de ses liens avec l'ancien président, Abdelaziz Bouteflika, qu'« une relation très fusionnelle liait son défunt père, un moudjahid, à Bouteflika avant même qu'il ne soit Président ».

« Mme Maya » a affirmé qu'elle était en « contact direct » avec l'ancien président Bouteflika. Elle a nié néanmoins qu'elle se présentait comme sa fille, mais plutôt comme « Mme Maya Belayachi ». Zoulikha-Chafika a soutenu que les facilités dont elle a bénéficié pour la réalisation de projets d'investissement avaient été obtenues par « l'intermédiaire et le biais de l'ancien président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et non pas via son secrétaire particulier, Mohamed Rougab », présent au procès comme témoin.

Ses deux filles, Imène et Farah, également poursuivies dans la même affaire, ont aussi évoqué la « forte relation d'amitié » qui « liait leur grand-père à Abdelaziz Bouteflika depuis très longtemps (depuis l'époque où il était déjà ministre) ».

« Mme Maya » a été aidée par Abdelaziz Bouteflika et non par son frère, Saïd Bouteflika

L’ancien secrétaire particulier de Bouteflika, Mohamed Rougab, a indiqué aux juges que « c'était le président Bouteflika qu'il l'avait chargé de la présenter à l'ancien wali de Chlef et non son frère et conseiller, Saïd Bouteflika ». Il assure, cependant, qu’elle « n'a jamais été reçue par l'ancien président au siège de la présidence de la République ». Rougab affirme l'avoir reçue, lui-même, « qu'une seule fois à la présidence, en 2004 ».

Par ailleurs, lors du réquisitoire, qui s’est déroulé jeudi, les avocats de la partie civile ont fait savoir que les pertes causées au Trésor public dans cette affaire étaient estimées à plus d'un milliard de DA.

Lourdes peines requises contre les accusés

Le procureur général près le tribunal de Cheraga a requis une peine de 15 ans de prison ferme assortie d'une amende de 6 millions de DA contre Nachinache Zoulikha-Chafika et 15 ans de prison ferme assortie d'une amende d'un million de DA contre Mohamed Ghazi et Abdelghani Zaalane.

Une peine de 10 ans de prison ferme, assortie d'une amende de 6 millions de DA, a été requise contre les deux filles de « madame Maya », Imène et Farah, qui comparaissaient libres. Douze ans de prison ferme, assortie d'une amende d'un million de DA, ont été requis contre l'ancien directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel.

Enfin, 5 à 12 ans de prison ferme ont été requis contre les cinq autres accusés, dont Chafik Ghazi, le fils de Mohamed Ghazi (5 ans et une amende de 500 000 DA), et l'ancien député à la retraite Omar Yahiaoui, en fuite à l'étranger (10 ans et une amende d'un million de DA).