A l'occasion de sa visite de travail de deux jours en Algérie, entamée jeudi 15 octobre, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est entretenu avec le chef de l'Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune, sur la question de la guerre d’Algérie et sur le référendum constitutionnel, indique Algérie Presse Service (APS).

Selon la même source, Jean-Yves Le Drian a indiqué que « nos deux pays ont besoin l’un de l’autre et notre concertation demeure essentielle sur des questions d’intérêt commun ». « Je suis venu à Alger pour marquer la solidité des liens d’amitié entre nos deux pays. Pour la France, l’Algérie est un partenaire de premier plan en raison des liens humains multiples qui nous unissent par-delà la Méditerranée. Notre relation est riche et multiple, notamment en matière d'échanges humains, éducatifs, scientifiques, la coopération économique et les enjeux sécuritaires ainsi que les questions régionales », a-t-il déclaré en substance.

Retour sur le passé colonial et la Guerre d'Algérie

Lors de sa rencontre avec Abdelmadjid Tebboune, Jean-Yves Le Drian a rappelé que le président de la République française, Emmanuel Macron, avait engagé, dès 2017 « une démarche de lucidité sur l’Histoire de la colonisation et de la Guerre d’Algérie », soulignant qu'il l’a montré « par des actes forts, comme la remise récente à l’Algérie des restes mortuaires des combattants algériens conservés au Musée de l’Homme » .

Jean-Yves Le Drian a également rappelé que le président français avait demandé à l’historien Benjamin Stora de travailler sur la mémoire de la colonisation et de la Guerre d’Algérie dans un « esprit de vérité et de réconciliation pour que nos deux pays regardent ensemble vers l’avenir. Un regard lucide et apaisé sur leur passé est indispensable ».

Sur le référendum constitutionnel

Par ailleurs, le président Abdelmadjid Tebboune et son interlocuteur français ont évoqué le référendum relatif à la révision de la Constitution, prévu le 1er novembre prochain. A cet effet, Jean-Yves Le Drian a indiqué que « la France souhaite succès et prospérité à ce pays ami dans le plein respect de sa souveraineté ».

« L’Algérie est à la veille d’une étape importante qui va amener le peuple algérien à se prononcer le 1er novembre sur le projet de révision de la Constitution », a souligné à ce propos Le Drian, estimant que Tebboune avait montré « ses intentions de réforme des institutions pour renforcer la gouvernance, l’équilibre des pouvoirs et les libertés ».

Cependant, le ministre français des Affaires étrangères n'a pas omis de rappeler qu'« il appartient aux Algériens et à eux seuls de traduire les aspirations qui se sont exprimées avec civisme et dignité en une vision politique avec des institutions aptes à la concrétiser ».

Lire aussi : Le chef de la diplomatie française jeudi à Alger