Le pouvoir a-t-il lancé une chasse aux maires et aux élus en Kabylie ? Les élus du Front des forces socialistes (FFS) le pensent sérieusement. Les dirigeants du parti fondé par Hocine Aït Ahmed croient même que c'est en raison de l'attitude adoptée par leurs maires à l'égard de la présidentielle de décembre 2019 et du référendum du 1er novembre 2020.

En effet, au lendemain de la suspension par le wali de Bejaïa du maire de Tichy, le FFS a dénoncé "une cabale administrative et judiciaire". Mieux encore, le président de l'APW de cette wilaya de Kabylie, Mehenni Haddadou n'a pas hésité à parler de "chasse aux maires".

Dans une déclaration au média francophone Liberté, le président de l'APW de Bejaïa a fait état d'une "campagne de représailles" qui a vu le jour au lendemain de l'élection présidentielle du 12 décembre 2019. Cette campagne s'est accentuée après le déroulement du référendum constitutionnel du 1er novembre 2020, estime Mehenni Haddadou.

Des maires suspendus, des maires poussés à la démission

Le responsable local dit voir cette campagne de représailles comme une réponse du pouvoir à l'attitude des présidents d'APC et des élus de son parti, le FFS, et d'autres formations politiques, vis-à-vis de la présidentielle de décembre 2019 et du référendum constitutionnel.

Mehenni Haddadou donnera plusieurs exemples pour étayer ses dires, notamment ceux des quatre maires de la wilaya de Bejaïa suspendus par le wali. Il s'agit, selon lui, des maires de Bejaïa (FFS), de Draâ El Gaïd (indépendant), de Oued Ghir (MPA) et de Taourirt Ighil (FLN).

Il avancera une autre liste de maires "poussées à la démission" dont certains "subissent des pressions pour des erreurs de gestion", ajoute le président de l'APW de Bejaïa. Sur ce registre, il cite les maires de Kherrata (FFS), d'Ighil Ali (FFS), de Sidi Ayad (FFS), de Semaoun (FFS), de Timezrit (FFS) et de Barbacha (PST). Tout en dénonçant ces pressions, il rappelle que le FFS "milite depuis longtemps pour la dépénalisation de l'acte de gestion".

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