Arrivés en France depuis quatre mois, trois jeunes sans-papiers algériens, âgés de 21 à 35 ans, vont être obligés de retourner en Algérie, pour avoir commis deux cambriolages. En plus de l'obligation de quitter le territoire français, le palais de justice de Montauban les a condamnés à de la prison ferme, a rapporté, jeudi 12 novembre, le média français La Dépêche du Midi.

Arrivés de Mostaganem, en Algérie, vers la France il y a quatre mois, Yaya, Saïd et Abdelkader se sont introduits par effraction, dimanche 8 novembre, dans une maison située à la rue du général Bourbaki, dans le quartier des Minimes, à Toulouse, vers 3 heures du matin, alors que ses propriétaires dormaient. Ils ignoraient, cependant, que la victime du cambriolage n’était autre que l’une des magistrates du parquet de Toulouse.

C'est d'ailleurs cette dernière qui a surpris un des voleurs algériens. « C’est son souffle sur mon visage qui m’a réveillée alors qu’il était en train de voler mon portable dans notre chambre à coucher », a-t-elle témoigné pendant le procès.

Les trois sans-papiers algériens, âgés de 21 à 35 ans, ont été interpellés par les policiers de la "BAC" (brigade anticriminalité) et présentés en comparution immédiate, mardi 10 novembre, devant le palais de justice de Montauban. 

Prison ferme et interdiction définitive du territoire français pour les trois Algériens

Lors du procès, le procureur a requis une peine de deux ans à trois ans d’emprisonnement ferme avec interdiction définitive du territoire national pour les mis en cause. Une peine justifiée par la vice-procureure Anne Gaullier qui a parlé « d’un mode de vie, même d’un choix de vie tourné vers le vol ». Et de poursuivre : « Ils viennent d’un pays qui n’est pas en guerre. La filière de Mostaganem est connue: ils savent que durant le temps d’instruction de leur demande de droit d’asile, ils toucheront 440 € par mois ».

Pour sa part, Me Jessica Chefaroudi, l'avocate d'un des accusés, a protesté contre les réquisitions contre son client : « Certes, l’Algérie n’est pas en guerre. Et pourtant, Amnesty International condamne régulièrement le pays pour des atteintes aux Droits de l’Homme. Un pays où l’homosexualité est un délit, ou le viol conjugal n’est pas reconnu, un pays ou les manifestants au régime sont torturés », a-t-elle souligné. Elle a soutenu que son client rêvait « d’un avenir meilleur en France, il n’est que la victime de la filière. Les passeurs qui profitent de ce business ne sont pas là. Voilà la réalité ».

Après avoir écouté toutes les parties, le tribunal a rendu son verdict : les trois accusés ont été condamnés à des peines allant de 6 à 15 mois de prison ferme avec interdiction du territoire français une fois leur peine purgée. Après la prononciation de leur sentence, Yaya, le plus jeune des prévenus, a demandé, en vain, à la juge d'être expulsé directement vers l'Algérie, sans passer par la prison.

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